Barrage sur le Nil

Barrage sur le Nil : L’Egypte rejette les mesures unilatérales de l’Ethiopie

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a annoncé samedi que l’Egypte avait transmis une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU pour réaffirmer son « rejet total » des mesures unilatérales de l’Ethiopie concernant le remplissage du Grand barrage de la Renaissance éthiopien.

Selon un communiqué du ministère, la lettre envoyée vendredi accuse l’Ethiopie d’avoir entravé les efforts pour parvenir à un accord tripartite sur les règles de remplissage et d’exploitation du barrage et de tenter d’imposer « un fait accompli » aux deux pays en aval, l’Egypte et le Soudan, « par le biais de mesures unilatérales et d’étapes qui constituent une violation flagrante des règles du droit international ». L’Ethiopie prévoit de procéder au deuxième remplissage du barrage en juillet, tandis que l’Egypte et le Soudan craignent que cette décision n’affecte leur part des ressources en eau du Nil. La semaine dernière, le ministre égyptien de la Main-d’œuvre, Mohamed Saafan, a déclaré lors d’une conférence virtuelle de l’Organisation internationale du travail que le remplissage unilatéral du barrage par l’Ethiopie sans accord préalable nuirait considérablement au secteur agricole dans les deux pays en aval. Des négociations qui ont duré une décennie n’ont pas permis de parvenir à un accord réglementant le remplissage et l’exploitation du barrage, notamment celles organisées précédemment par les Etats-Unis et récemment par l’Union africaine. L’Egypte et le Soudan cherchent actuellement à former un quatuor international comprenant l’Union africaine, les Etats-Unis, l’Union européenne et les Nations unies pour arbitrer dans les pourparlers tripartites sur le barrage, mais la proposition a été rejetée par l’Ethiopie.