Des informations ont circulé hier, avec insistance, à propos d’un projet d’accord entre l’Iran et les États-Unis visant à établir un cadre pour mettre fin à la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban.
L’agence de presse iranienne Mehr a rapporté que le projet d’accord accorde à Téhéran et Washington un délai de 60 jours pour parvenir à un accord nucléaire et lever les sanctions. Selon l’agence, le projet prévoit le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés, dont la moitié, soit 12 milliards de dollars, serait mise à la disposition de l’Iran avant le début des négociations. D’autre part, des sources bien informées ont indiqué à l’agence de presse iranienne Tasnim que l’Iran n’a pas cédé aux pressions militaires et diplomatiques américaines visant à modifier le texte en quatorze articles proposé initialement par les négociateurs iraniens. Les mêmes sources ont rappelé que le président américain Donald Trump a récemment tenté, vainement, de faire changer la position de Téhéran par une action militaire et des pressions exercées à travers le médiateur qatari et visant à imposer des amendements au texte.
Le président américain avait menacé, avant d’y renoncer, de s’emparer de l’île iranienne de Kharg dans sa série d’options plus agressives les unes que les autres confirmant l’incohérence et les contradictions qui marquent ses déclarations. Les sources iraniennes ont rapporté que les États-Unis ont informé Téhéran, par l’intermédiaire du médiateur qatari, qu’il n’était plus nécessaire d’intégrer ces amendements américains. Pour sa part, l’agence de presse iranienne IRNA a rapporté que le texte de l’accord potentiel a été préparé « avec le plus grand soin et la plus grande précision », ne laissant aucune place à une interprétation arbitraire ou à un manquement aux obligations de l’une ou l’autre des parties. Selon l’agence, le mémorandum d’entente vise principalement à mettre fin à la guerre sur différents fronts dans la région, les États-Unis s’engageant à contraindre l’occupation israélienne à mettre fin à la guerre au Liban. L’agence a noté que l’expression « prolongation du cessez-le-feu » n’apparaît pas dans le texte du mémorandum. Elle a précisé que le mémorandum actuel n’inclut pas la conclusion d’un accord sur la question nucléaire et n’impose aucune nouvelle obligation à l’Iran.
Les négociations nucléaires doivent commencer dans les 60 jours suivant sa signature. Durant cette période, les négociations se limiteront à trois points : la poursuite du programme nucléaire pacifique iranien, la levée des sanctions unilatérales américaines et le mécanisme de compensation. Aucun autre sujet, notamment les capacités balistiques de l’Iran, ne sera abordé. S’agissant du détroit d’Ormuz, l’agence a confirmé que l’Iran ne s’était engagé à aucun transfert de son administration. Elle a précisé que la future gestion du détroit serait discutée au niveau régional, dans le cadre d’un dialogue et d’une prise de décision conjoints entre Téhéran et le sultanat d’Oman.
Rien n’est encore décidé
Cependant, la télévision d’État iranienne, se référant au porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ismail Baghaei, a précisé vendredi que l’éventuel accord entre l’Iran et les États-Unis est toujours en phase d’évaluation interne et qu’aucune décision définitive n’a encore été prise.
La télévision iranienne a ajouté que l’annonce officielle de tout accord dépend d’un résultat final et sera faite dès que celui-ci sera trouvé. Ismail Baghaei a également indiqué que le processus décisionnel en Iran est parfaitement clair, les autorités compétentes devant s’entendre sur les détails du texte et de tout accord potentiel. Ces propos démentent le président Trump qui a affirmé être parvenu à un « accord fantastique » pour « mettre fin à la guerre avec l’Iran ». L’entité sioniste considère le projet d’accord irano-américain, tel qu’il a été révélé par diverses sources médiatiques, comme un échec des dirigeants sionistes.
M. R.











































