LEVéE DE BOUCLIERS CONTRE L’AVANT-PROJET DE LOI SUR LA RETRAITE : Le PT joint sa voix à celle des syndicats autonomes

L’avant-projet de loi sur la retraite, adopté le 26 juillet dernier par le gouvernement, n’a pas l’heur de plaire à une partie du monde syndical et de l’opposition. Après les 17 syndicats autonomes qui ont annoncé, dans une réunion tenue récemment, leur ferme opposition aux dispositions de ce texte de loi, notamment à celles relatives à la suppression de la retraite proportionnelle et au retour à l’âge de 60 ans comme unique seuil de départ à la retraite, le Parti des Travailleurs a, en effet, adopté quasiment la même position. L’annonce en a été faite avant-hier, par sa secrétaire générale, et ce, lors de l’ouverture des travaux de la session ordinaire du bureau de la wilaya d’Alger de son parti. Louisa Hanoune y voit, en effet, une claire « remise en cause des acquis des travailleurs ». Une remise en cause d’autant plus condamnable, nous a déclaré DjelloulDjoudi, président du groupe parlementaire du PT à l’APN, que nous avons contacté, hier, par téléphone, qu’elle intervient « dans une conjoncture difficile marquée par une situation politique bloquée et une sensible baisse du pouvoir d’achat du grand nombre ». Pour les deux responsables du PT, l’avant-projet de loi sur la retraite, s’il venait à être adopté, ne servirait aucunement « les intérêts bien compris des travailleurs et de l’économie nationale ».
Se voulant plus explicite concernant ce point, DjelloulDjoudia ajouté, rejoignant en cela l’analyse faite la veille par la secrétaire générale du PT, que « la décision de mettre fin à la retraite proportionnelle n’est, dans les faits, qu’une décision de suspendre les recrutements ». Et ce,a-t-ilpousuivi,«en violation des textes en vigueur régissant les départs en retraite qui, outre le fait qu’ils garantissent à tout travailleur, quel que soit son âge, qui justifie de 32 années de travail, le droit à un tel départ, imposent le remplacement automatique de ceux qui en ont bénéficié, par de nouveaux ». Des dispositions qui avaient permis, a-t-il ajouté dans le clair objectif de rejeter l’argument avancé aussi bien par le gouvernement que par les responsables de la CNR (Caisse nationale des retraites) pour justifier le réaménagement en cours du dispositif de retraite, de maintenir, durant de longues années, le rapport « nombre de travailleurs actifs pour un retraité » à un niveau qui avait permis à ladite caisse d’avoir des comptes largement équilibrés. « Alors qu’il était, dans les années 70, de 9 travailleurs actifs pour un retraité ce rapport n’est plus aujourd’hui 2,5 « actifs » pour un retraité », nous a déclaré le chef du groupe parlementaire du PT à l’APN. Là aussi, dans le clair objectif de montrer que la solution la plus efficiente au problème récurrent qui menace la pérennité du système national de retraite ne réside pas dans les dispositions de l’avant-projet de loi, adopté le 26 juillet dernier en Conseil des ministres, mais « dans une double action de reprise des recrutements et de « répression » contre les employeurs qui ne déclarent pas leurs travailleurs» ; des employeurs qui se recrutent, a-t-il précisé, «dans leur majorité, dans la sphère privée ». Faisant, là aussi, écho à l’appel de Louisa Hanoune, lancé avant-hier, « à la conjugaison des efforts pour préserver les acquis, aujourd’hui, menacés, des travailleurs », DjelloulDjoudi n’a pas écarté la possibilité que son parti s’associe aux actions que projettent d’organiser, à la rentrée sociale, les 17syndicats autonomes ayant pris part à la réunion susmentionnée, dans l’objectif déclaré d’obtenir le retrait de l’avant-projet de loi (sur la retraite) controversé. Une possibilité que notre interlocuteur justifie par la position similaire, de rejet de ses dispositions, que son parti a sur le texte de loi en question. Mais par la nécessité de regrouper, le plus rapidement possible, toutes les forces, syndicales, politiques et autres, qui s’opposent à son adoption. Dans la lancée, il nous a déclaré que « le PT portera, à travers ses députés, la bataille du refus de cet avant-projet de loi, dans les travées même de l’APN ». Comme il nous a déclaré que son parti œuvrera à obtenir l’annulation de l’instruction que, selon lui, le Premier ministre a transmis aux APC du pays pour leur demander « de réduire de 50% la consommation des budgets qui leur ont été alloués ». S’inscrivant dans la même optique que la première responsable du PT, DjelloulDjoudi nous a déclaré, en guise d’explication à l’opposition de son parti à une telle instruction, que celle-ci, « par le blocage des projets qu’elle entraînera, provoquera celui du développement des communes ». Et, dans la foulée, « celui du paiement des salaires des fonctionnaires de ces entités et des employés de toutes les entreprises qui en relèvent ». « Avec toutes les conséquences possibles sur le devenir des familles ainsi affectées et toutes les menaces sur la paix sociale que celles-ci peuvent avoir », n’at-il pas manqué d’ajouter. Non sans approuver, au passage, l’appel de Louisa Hanoune à préserver « le développement local par une politique résolue d’investissement et par un soutien efficient aux communes en difficulté financière… »
Mourad Bendris