La seconde édition du festival
Panafricain se limitera-t-elle
à n’être que culturelle ?
Sûrement pas. Les observateurs
en attendent plus ! Ils attendent
de puiser à l’occasion et in situ,
les indices les plus fiables sur lesquels
ils s’appuieront pour porter
leurs jugements. D’ores et déjà, on
peut sans le moindre risque affirmer
que l’Afrique se situe aujourd’hui
aux antipodes de la prédiction
de René Dumont. Elle est sur
le point d’entrer, la tête haute, au
XXIème siècle et, par extension, à
franchir les derniers obstacles qui
l’avaient empêché jusqu’ici de se
hisser à la place qui lui revient de
droit dans le concert des nations.
L’Afrique est actuellement le continent
le plus riche, par conséquent
le plus convoité par les autres
puissances. Les pays en passe de
devenir des puissances économiques
qui comptent, organisent
au moins une fois dans leur histoire
une exposition universelle pour
montrer au monde le niveau qu’ils
ont atteint en matière de développement.
Si le second Panaf
d’Alger n’a pas vocation pour
accueillir ce type d’exposition, il a
en revanche la latitude d’asséner
la preuve que l’Afrique est bien
partie grâce à son savoir et à son
art, aujourd’hui répartis et connus
sur tous les continents… Q’est-ce
que l’Art et la Culture sinon le
reflet exhaustif du réveil de tout un
continent dont l’isolement sur le
plan universel a, depuis 50 ans, a
eu tendance à inspirer contre lui
les partisans de «l’ingérence
humanitariste» comme en avait
peaufiné le concept Bernard
Kouchner à l’époque où, marchand
d’illusions, il vendait de
l’apitoiement sur mesure à des
pays du tiers-Monde vampirisés
jusqu’à l’assèchement par les
puissances coloniales. À travers
la musique, l’art dans toutes ses
expressions, la chanson, la peinture,
la beauté et l’esthétique en
général le Panaf de 2009 devrait
constituer une réponse désarçonnante
à tous les partisans de
«l’Afrique de Papa», s’il en reste…
Les mots manqueraient à vouloir
résumer dans un espace aussi
réduit, tous les sentiments que
déjà suscite la manifestation
d’Alger. Une chose est revanche
sûre. À partir du Panaf d’Alger,
l’Afrique de 2009 interpelle la communauté
internationale, en insistant
pour faire admettre son droit
à une considération qu’elle s’est
scrupuleusement appliquée à
reconnaître aux autres nations du
monde, depuis sa renaissance.
H. Mezali
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