Le «grand» wali face au «petit» citoyen !

La scène théâtrale de ce jeudi aura été observée dans la wilaya de Batna. Les devants étaient occupés par le wali Siouda Abdelkhalek, qui s’était adjugé le premier rôle et s’était invité lui-même sous les feux de la rampe. Le rôle d’ordre inférieur diriez-vous ? Un citoyen lambda, bénéficiaire, au bonheur de sa famille, d’un logement social à la nouvelle ville de Hamla.
Sur les écrans, on nous montre le gouverneur s’en prendre verbalement au gouverné. Pour cause, et mal lui en a pris, l’habitant avait apporté des modifications intérieures à son habitat, à l’insu des autorités, qui lui ont valu une dépossession sèche d’un bien immobilier dont il a à peine hérité des clés. C’est l’œuvre d’un coup de tête du wali, sans respect de la procédure y afférente à ce genre de cas. Il est vrai, une infraction est passible de sanctions. Mais, lorsque l’on parle de sanction-judiciaire ou administrative- ceci implique une procédure légale. Faute de quoi, elle n’en est pas une. Pis, elle serait une injustice sociale. C’est cette incapacité manifeste à faire respecter la loi de façon judicieuse, sage et impartiale qui a manqué maladroitement au wali.
En effet, faisant usage de ses mains et criant à gorge déployée, Mr Siouda rouspète à tort et à travers devant les responsables locaux.
«Directeur du Logement, viens voir ça ! Dégagez-moi cette «khorda» (débris) !». Face à l’habitant désarmé, le wali interroge: «Ce logement est-il ton bien ou bien c’est celui de l’Etat ? As-tu une autorisation pour le modifier ? » L’air intimidé par la voix autoritaire, le propriétaire, qui n’en est plus un dès lors, répond : «Non, c’est celui de l’Etat».
Le wali relance, menace et ordonne. «Expulsez-le ! On va lui annuler la décision maintenant ! Ecoute, même lorsque c’est ton propre logement, tu dois avoir une autorisation pour le modifier», tranche de sang- froid le wali, peu soucieux des exigences de la fonction qu’il occupe. Comme quoi, quand on joue le grand, on parait bien petit !
F. G.