Madrid a convoqué à deux reprises la chargée d’affaires de l’ambassade sioniste, Dana Erlich, à la suite de l’arrestation du militant palestinien Saif Abou Kachk, résident en Espagne, intercepté lors d’une mission maritime en direction de Ghaza. L’affaire, qui suscite une vive controverse internationale, met en lumière les tensions croissantes autour du blocus de l’enclave palestinienne et des actions de solidarité menées en mer.
Lors d’une session parlementaire d’urgence, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a indiqué que cette double convocation visait à exprimer la ferme opposition de Madrid à la poursuite de la détention du militant, qualifiée d’inacceptable. Il a également dénoncé l’interception du navire « Global Sumud » par les forces sionistes en eaux internationales, estimant que cette opération « contrevient au droit international ». Le chef de la diplomatie espagnole a insisté sur la gravité des faits, affirmant qu’il n’est pas admissible d’intercepter des navires en haute mer, de détenir leurs équipages et d’entraver leur mission. Cette position reflète un malaise grandissant au sein de plusieurs capitales européennes face aux opérations sionistes visant les initiatives civiles de soutien à Ghaza. Selon les informations disponibles, les forces sionistes ont intercepté la flottille dite « de la Résilience mondiale » en eaux internationales, au large des côtes grecques, alors qu’elle tentait de briser le blocus maritime imposé à Ghaza. Plus de 170 militants ont été arrêtés lors de l’opération, avant que la majorité d’entre eux ne soient relâchés et transférés vers l’île de Crète. Toutefois, deux militants restent en détention : le Brésilien Thiago Ávila et Saif Abou Kachk, de nationalité espagnole d’origine palestinienne. Leur maintien en détention a suscité des protestations officielles de la part de l’Espagne et du Brésil, qui dénoncent une violation du droit international.
Inquiétudes sur les conditions de détention
Des sources proches de la caravane maritime affirment que Saif Abou Kachk observe une grève de la faim et de la soif depuis plusieurs jours pour protester contre ses conditions de détention. Selon ces témoignages, il aurait été soumis à des mauvais traitements, à des interrogatoires intensifs ainsi qu’à des pressions psychologiques, incluant des menaces contre sa vie et celle de sa famille. Ces mêmes sources évoquent également des pratiques de contrainte physique prolongée ayant entraîné des complications respiratoires, nécessitant une assistance en oxygène. Les organisateurs de la mission affirment que sa vie serait désormais « en danger immédiat », appelant les autorités espagnoles, brésiliennes et suédoises à intervenir sans délai. Face à cette situation, les organisateurs de la flottille ont lancé un appel à la communauté internationale pour exiger la libération immédiate des militants détenus et l’ouverture d’enquêtes sur les pratiques dénoncées. Ils accusent Israël de violations répétées du droit maritime international, évoquant des actes assimilés à de la « piraterie » et à des enlèvements en haute mer. Dans le même temps, la mobilisation pro-palestinienne s’intensifie en Europe. Des actions ont été menées dans plusieurs grandes villes, notamment à Londres, Munich et Rome, visant des entreprises accusées de liens avec l’industrie de l’armement israélienne. Ces manifestations témoignent d’une pression croissante de la société civile européenne. Par ailleurs, les organisateurs de la caravane ont annoncé de nouvelles initiatives : plus de 30 navires devraient converger prochainement vers la Turquie dans le cadre d’une mobilisation internationale élargie, avec des annonces attendues sur les prochaines étapes de leur action.
Accusations graves contre les forces sionistes
Dans un développement particulièrement préoccupant, des membres de la caravane ont accusé les forces sionistes d’avoir commis des violences physiques et sexuelles contre certains participants lors de l’interception. Dans un communiqué, ils évoquent des « actes systématiques d’humiliation et de violence », suscitant de vives réactions parmi les organisations de défense des droits humains. L’initiative, lancée depuis Barcelone en avril dernier pour acheminer de l’aide humanitaire vers Ghaza, s’inscrit dans une série d’actions similaires déjà marquées par des incidents. Une tentative précédente, en septembre 2025, avait déjà conduit à l’arrestation de centaines de militants. Alors que les tensions diplomatiques se poursuivent, cette affaire pourrait accentuer les divisions entre l’entité sioniste et certains pays européens, tout en relançant le débat sur la légalité du blocus de Ghaza et les limites des interventions militaires en haute mer.
M. S.













































