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Un reporter dans la foule : Du 8 Mai 45 au 1er Novembre 54

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Depuis l’envahissement, en 1830, de notre pays par l’armée coloniale française, les Algériens n’ont jamais cessé de penser qu’un jour viendra où l’occupant sera chassé de leur territoire. Cet objectif était enfoui dans leurs pensées. Comme un secret à ne jamais divulguer à l’ennemi. Surtout lorsqu’ils étaient enrôlés de force pour mener des combats qui n’étaient pas les leurs, aux côtés de l’armée française. Les mouvements de résistance des algériens n’ont jamais cessé. De celle de l’Émir Abdelkader jusqu’aux mouvements de révolte contre la conscription durant la Première Guerre mondiale en passant par celle de Ahmed Bey de Constantine (1837), celle de Boumâaza (1846), celle des Zaâtchas (1849), celle de Boubaghla et Lalla Fatma N’Soumer (1857), celle de Laghouat (1852), celle d’El Mokrani (1871), les révoltes des Aurès (1876), celle de Bouamama (1882), etc…Inconsolables et meurtris au plus profond de leurs âmes, les Algériens ont mal supporté durant 6 mois les festivités du centenaire de la colonisation française en Algérie (1930). Une colonisation aggravée par le code de l’indigénat (1881). Les résistances locales sont restées ininterrompues jusqu’à ce fameux jour de la victoire (8 mai 1945) célébré dans le monde entier y compris en France qui a été libérée du fascisme en partie par les algériens notamment la ville de Marseille. Il y a 81 ans, jour pour jour, la planète toute entière chantait et dansait la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Algériens ont voulu faire de même dans leur pays d’autant que leurs cœurs étaient pleins d’espoir de voir mise en application la Charte de l’Atlantique signée en 1941 et qui prévoyait l’autodétermination, ce droit des peuples à choisir leur indépendance. Les Algériens y avaient fortement cru. La France, que l’Allemagne avait occupée de 1940 à 1945 et qui a été libérée par les États-Unis et l’URSS (la Russie aujourd’hui) n’avait pas encore de gouvernement. Y compris en Algérie où son armée tenait le « gouvernail » d’une main de fer. Qu’à cela ne tienne, un peu partout dans les villes d’Algérie la population musulmane est sortie pour manifester sa joie et son allégresse du jour de gloire de l’humanité toute entière. Au lieu de l’application de la charte Atlantique, les algériens ont eu droit à des massacres sauvages organisés par les tenants du pouvoir dans leur pays. Bilan : 45.000 morts, notamment à Sétif, Guelma et Kherrata. Il est intéressant de revoir comment les tueries ont été organisées. Les historiens français datent le départ de feu après « L’émeute de Sétif due à l’indignation provoquée parmi les manifestants par la mort du porte-drapeau Saâl Bouzid ». La vérité est en fait « maquillée ». Certes il y a eu l’assassinat à Sétif du manifestant qui tenait un drapeau algérien, mais il y a eu aussi un attentat avant le début de la manifestation qui avait fait 23 morts et 80 blessés parmi les européens. Attentat non revendiqué mais attribué, en vous le donne en mille, aux algériens. Comment des algériens heureux qui manifestaient pour l’application de la Charte de l’Atlantique, c’est-à-dire l’indépendance, pouvaient-ils compromettre leur objectif par un attentat ? Sans tourner autour du pot, les crimes ne pouvaient profiter qu’aux seuls colonialistes d’Algérie. D’ailleurs, ils n’ont pas attendu pour perpétrer les odieux massacres en guise de « représailles » à l’attentat. Les ultras et les juifs d’Algérie se livraient un féroce combat. Un combat ayant pour soubassement les conditions racistes imposées aux juifs par le gouvernement de Vichy. Les deux communautés cherchant à garder l’Algérie pour eux. Donc les deux étaient capables des pires complots pour arriver à leurs fins. Au point de faire alliance conjoncturellement. D’ailleurs l’opération « Torch » qui a permis le débarquement, le 8 novembre 1942, des troupes américaines en Algérie était l’œuvre uniquement des juifs d’Algérie. Ce sont des signes à prendre en considération par les algériens pour leur futur. Au-delà de la cruauté des massacres, les algériens avaient pris conscience, ce jour-là, qu’il leur fallait libérer leur pays eux-mêmes. Même par les armes si cela est nécessaire. D’ailleurs peu-après, lors du congrès du MTLD, fut créée le 12 avril 1947, l’organisation spéciale (OS) pour préparer le combat militaire. À quelque chose, malheur est bon, les massacres du 8 mai 1945 ont boosté la lutte armée qui a été déclenchée le 1er Novembre 1954 !
Zouhir Mebarki
zoume600@gmail.com

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