Il est clair qu’aucune société au monde n’est statique. Elle est en perpétuel mouvement. Des changements apparaissent, au fil du temps, sans visibilité claire des causes. Certains de ces changements sont un véritable casse-tête pour les spécialistes. Psychologues et sociologues se perdent en conjectures. Actuellement, un phénomène voire deux, marquent le cours de la vie de la société algérienne sans cause apparente. Plutôt, difficilement décelable. Le premier de ces phénomènes est celui de la « Harga » ou émigration clandestine. Qui peut expliquer, raisonnablement, comment un adolescent peut-il se retrouver seul de l’autre côté de la Méditerranée ? Sachant qu’il a dû payer la traversée environ 200 millions de centimes, sur les embarcations de fortunes de passeurs qui gagnent un argent fou. Où et comment un adolescent ou même un jeune adulte, peuvent-ils se procurer une somme pareille ? Selon des confidences de certains parmi ceux qui ont entrepris l’aventure, recueillies sur les réseaux sociaux, c’est une cagnotte constituée par des dons de membres de la famille du « harrag », y compris de la maman. Avec l’amour d’une maman, la question se complique. A l’immaturité du mineur s’ajoute celle des adultes qui « veulent du bien » à l’enfant. De quel bien s’agit-il ? Le raisonnement de ces adultes qui poussent leurs enfants à risquer leurs vies, se base sur le fait qu’une fois arrivés à destination, les mineurs bénéficient d’un traitement de faveurs de la part des autorités de la rive Nord de la Méditerranée. Ils oublient qu’avant d’en arriver là, le mineur doit d’abord échapper à la mort durant la traversée. Entre leur participation financière qui se veut être une preuve d’amour et le risque d’envoyer l’enfant vers une atroce fin de vie, il y a une dualité problématique inextricable. Pour faire court, la « Harga » n’est pas une émigration économique puisque le prix de la traversée est pharamineux. Avec la même somme d’argent et toutes les facilités accordées par l’État, il est permis de créer, sur notre sol, une entreprise florissante à terme. Elle n’est pas climatique puisque notre très beau pays ne connait de calamités naturelles que les inondations et les incendies de forêts. Quant à la situation hydrique, celle-ci a trouvé une réponse avec le dessalement. Retourné dans tous les sens, le phénomène ne donne aucune explication viable sinon celle d’un mimétisme véhiculé par les réseaux sociaux. L’autre phénomène sociétal marquant, se trouve dans la courbe inversée des unions conjugales. Baisse des mariages et hausse des divorces. À ceux qui avancent, à tort et pour des raisons qui leur sont propres, que la hausse des divorces est due au « khul’ » (à la demande de l’épouse moyennant une indemnisation), le ministre de la Justice a, lors d’une question d’un député en octobre 2025, clairement démenti cette affirmation. Ce droit de la femme ne représente, selon une étude du ministère de la justice, que « 27% des divorces entre 2021 et juin 2025 » a-t-il précisé en ajoutant que « la répudiation demeure la première raison avec 42% des divorces ». D’autres sources non officielles font état du niveau d’instruction plus élevé de l’épouse ainsi que son autonomie financière qui l’incite au divorce. En oubliant que ce paramètre est connu avant la conclusion du mariage et que donc il se classe dans la trahison et le mensonge. Ce qui n’est pas impossible tant la maternité est un puissant besoin naturel chez la femme. Une fois ce besoin accompli, la réalité de la vie en couple reprend le dessus avec ses incompatibilités. Mais pour se généraliser à ce point, la trahison et les mensonges ont besoin d’un moteur, d’une dynamique. On retrouve à peu près les mêmes « instigateurs » que pour la « Harga ». La famille qui n’existe pas lors de la rencontre du couple, devient, après le mariage, de plus en plus présente dans la vie des époux. Conseils, ingérences, influences, deviennent aussi nombreux que divers. Pour peu que l’un des deux époux, ou les deux, manquent de caractère et de maturité, la fracture devient inévitable. Les dégâts des réseaux sociaux sont indéniables. On s’y fait des « amis » par centaines. Tous ne sont pas recommandables. Les esprits fragiles succombent aux modèles exhibés et à leurs « conseils ». Les deux phénomènes cités ici sont dus à l’esprit grégaire qui est ravageur. Plusieurs États restreignent l’accès aux réseaux sociaux.
Zouhir Mebarki
zoume600@gmail.com










































