Le général d’armée, Saïd Chengriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, a livré, depuis la 3ᵉ Région militaire, un message qui revêt une importance cruciale. Pour résumer la problématique abordée, c’est un peu la position de l’Algérie sur la carte géopolitique mondiale et sa capacité de réaction et d’interaction dans cet environnement. Pour préciser le sujet, il s’agit de la résilience dont elle a fait preuve face aux conséquences des graves turbulences internationales actuelles. Et d’où l’Algérie puise-t-elle ses ressources de résilience ? Chengriha en a identifié trois forces, notamment l’économie nationale, la cohésion sociale et le front intérieur ainsi que la puissance militaire. C’est, en effet, le cas, puisque l’Algérie a opéré, au cours de ces dernières années, un virage décisif. Consciente des grands enjeux de l’heure dans un monde qui appartient aux puissants et où les faibles n’ont pas voix au chapitre, l’Algérie est partie en quête d’une autonomie stratégique basée sur les ressources vitales que peuvent constituer l’énergie, l’alimentaire et le militaire. Le président Abdelmadjid Tebboune a fait mieux en résumant cette stratégie dont il est l’artisan en défendant l’idée d’une économie forte et d’une armée forte. Alors que nous vivons dans un monde chamboulé et où la force brutale et le langage des armes ont supplanté les mécanismes pacifiques de résolutions des conflits, l’Algérie a réussi à tirer son épingle du jeu. Sur le plan économique, pour commencer, la politique de diversification de l’économie nationale en dehors des ressources fossiles a évité à l’Algérie les situations de pénurie à cause des graves perturbations du commerce mondial. La pandémie mondiale de Covid était une expérience, quoique éprouvante, concluante pour notre pays qui a profité de cette crise pour se lancer dans des industries locales dans le médicament, l’agriculture, l’agroalimentaire, les intrants pour les industries lourdes, les mines, la liquéfaction des produits pétroliers et gaziers. Aujourd’hui, les conséquences importantes de la fermeture du détroit d’Ormuz sur l’économie mondiale comme situation renforcent davantage cette orientation stratégique de l’Algérie basée sur les ressources locales. Sur le plan de la cohésion sociale et du renforcement du front intérieur, la prise de conscience observée chez le peuple algérien, à travers ses représentations politiques, sociales, religieuses et autres, était salutaire pour la résilience du pays face aux chocs extérieurs. C’est un peu un facteur déterminant qui a cimenté l’unité nationale et a créé cette synergie autour de la défense des intérêts supérieurs du pays. Troisièmement, l’Algérie doit sa résilience à la puissance militaire de l’Armée nationale populaire qui continue à développer ses capacités de défense et de dissuasion en s’adaptant à l’évolution des guerres hybrides en vogue aujourd’hui dans le monde.
Farid Guellil








































