Le réalisateur palestinien Omar Rammal a remporté le prix du meilleur court-métrage documentaire lors de la prestigieuse cérémonie des David di Donatello, pour son œuvre « Chaque jour à Ghaza », un film consacré au quotidien des habitants de la bande de Ghaza sous les bombardements et le blocus israélien.
Ce documentaire, tourné dans des conditions particulièrement difficiles, propose une immersion dans la vie quotidienne d’un territoire confronté à une crise humanitaire prolongée, marquée par les destructions, les pénuries et les violences répétées. Lors de la remise de son prix, Omar Rammal a prononcé un discours chargé d’émotion. Il a tenu à préciser que cette distinction ne lui revenait pas personnellement, mais qu’elle devait être dédiée aux journalistes, photographes et travailleurs de terrain présents à Ghaza. Selon lui, ces derniers « ont risqué leur vie pour transmettre la vérité depuis le cœur de la guerre ». Le réalisateur a insisté sur le rôle essentiel de ces professionnels de l’information, souvent exposés directement aux dangers des zones de conflit.
Un film réalisé à distance, porté par des équipes sur place
Omar Rammal a également expliqué qu’il avait conçu le film depuis l’extérieur de Ghaza, mais que sa réalisation concrète reposait entièrement sur les équipes présentes sur place. « J’ai réalisé ce film depuis l’extérieur de Ghaza, mais mes collègues sur le terrain l’ont véritablement créé sous les bombes », a-t-il déclaré. Il a décrit ces équipes comme des personnes travaillant dans des conditions extrêmes, « une caméra dans une main et la douleur dans l’autre ». Le cinéaste a souligné que le tournage n’était pas un simple projet artistique, mais un acte de survie quotidienne pour ceux qui témoignent de la réalité du terrain. Dans son discours, Omar Rammal a également critiqué ce qu’il considère comme le silence et les doubles standards de certaines puissances internationales face à la situation à Ghaza. Il a dénoncé une forme d’indifférence persistante malgré la gravité de la situation humanitaire et a rappelé que la création artistique ne peut être dissociée du contexte dans lequel elle s’inscrit. « Nous ne pouvons pas célébrer la créativité alors que des journalistes, des enfants et des artistes sont tués à Ghaza et au Liban », a-t-il affirmé, soulignant la dimension politique et éthique de l’art en temps de guerre. Avant de conclure, il a dédié son prix au peuple palestinien de Ghaza, qu’il a décrit comme engagé dans une lutte pour la liberté, la justice et la dignité. Il a terminé son intervention en répétant à trois reprises : « Liberté pour la Palestine », sous les applaudissements du public.
Une œuvre ancrée dans la réalité quotidienne de Ghaza
Le film « Chaque jour à Ghaza », produit par WeWorld, a été tourné au printemps 2025 dans la bande de Ghaza, avec la contribution du photographe palestinien Souleiman Hajji. L’œuvre adopte une approche intimiste et humaine de la vie quotidienne dans l’enclave palestinienne. Elle met en lumière des scènes ordinaires transformées par le contexte de guerre en actes de résistance. Parmi les histoires racontées, celle d’un coiffeur qui continue à travailler malgré les destructions afin de préserver un semblant de dignité pour ses clients, ou encore celle de Wafaa, une femme qui consacre son temps à l’accompagnement d’enfants handicapés et orphelins. Elle leur offre éducation, soins et soutien psychologique, malgré des conditions de vie extrêmement difficiles liées au conflit. À travers ce documentaire, Omar Rammal propose un témoignage visuel sur la réalité vécue par les habitants de Ghaza, soumis depuis des années à un blocus strict et à des épisodes répétés de guerre. Le film met en évidence une situation humanitaire en dégradation continue, où les infrastructures essentielles, les services publics et les conditions de vie se détériorent fortement. En donnant la parole à des habitants ordinaires, le réalisateur cherche à restituer une dimension humaine souvent absente des récits médiatiques classiques des conflits. « Chaque jour à Ghaza » s’impose ainsi comme une œuvre de témoignage, mais aussi comme un cri d’alerte sur la situation d’une population confrontée à une crise prolongée, où la vie quotidienne elle-même devient un acte de résistance.
M. Seghilani














































