Accueil CULTURE Musée national Cirta : Réservoir de mémoire et témoin des civilisations successives

Musée national Cirta : Réservoir de mémoire et témoin des civilisations successives

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Au cœur de la cité du vieux Rocher (Constantine), là où les ponts s’entrelacent avec l’histoire, se dresse l’édifice du musée public national Cirta, véritable gardien de la mémoire de la nation, ce monument résume dans ses galeries des millénaires de succession de civilisations. Cet espace culturel, qui ne se contente pas d’être un simple entrepôt d’antiquités mais s’affirme comme un phare culturel vibrant de vie, ouvre ses portes aux visiteurs pour interroger les secrets des royaumes disparus ayant laissé une empreinte indélébile au plus profond de l’identité algérienne. S’étendant sur une superficie totale de 2100 m², ce monument historique est conçu selon le style d’une villa gréco-romaine. Il se compose de deux étages racontant, à travers 15 salles d’exposition archéologique ainsi qu’un jardin archéologique, un récit historique fascinant. Dans une déclaration à l’APS, le directeur du musée, Khaled Boudjaâtat, a décrit l’établissement comme le joyau des musées nationaux, précisant que son fonds dépasse les 100 000 objets archéologiques, un chiffre record qui reflète, selon lui, la richesse civilisationnelle de l’Algérie. La construction de cet édifice remonte au milieu du XIXe siècle (1853), témoignant ainsi des débuts du travail muséal organisé dans le pays. La visite du musée Cirta plonge le visiteur de la préhistoire jusqu’aux périodes islamique et ottomane. Le pavillon consacré au mausolée royal numide figure parmi les principales attractions, exposant, notamment le mobilier funéraire découvert en 1915 et datant du IIe siècle avant J.-C, conférant à l’établissement une dimension internationale dans la valorisation de l’histoire numide. Le visiteur est également interpellé par des pièces artisanales en verre, des pièces de monnaie et des bijoux en pâte de verre. Ces objets racontent les détails précis des croyances et de la vie quotidienne de la période numido-punique (IIIe-IIe siècles av. J.-C.). Ces découvertes proviennent de Constantine (site du temple d’El Hofra à Djenan Ezitoun, découvert en 1950), du site archéologique de Tiddis (commune de Béni Hamidène, Constantine), de Jijel et de Collo (Skikda). La mission du musée ne se limite pas à l’exposition, a souligné son directeur, mais englobe également la conservation, assurée par une équipe technique de restaurateurs et de conservateurs veillant à la préservation de ce patrimoine contre les dégradations. De son côté, le responsable du service communication du musée, Abdelmadjid Benzerrari, a souligné la valeur scientifique des découvertes issues des grottes des ours et des mouflons, affirmant qu’elles constituent des preuves irréfutables de l’enracinement de la civilisation sur cette terre. Le musée enregistre une affluence notable, ayant accueilli plus de 26.000 visiteurs en 2025. Les chiffres tendent vers des niveaux records pour l’année en cours, confirmant la passion du public pour la découverte des secrets de ce réservoir civilisationnel.

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