Bien remuer le peuple avant de s’en servir

Une des phrases les plus célèbres du diplomate français Charles-Maurice de Talleyrand, cet homme qui a concentré toutes ses forces pour annexer la Régence d’Alger, est la suivante « : « Le peuple ? Bien remuer avant de s’en servir ! ».
La formule est entrée dans le lexique diplomatique et stratégique : tout chambardement populaire introduit une action politique à venir, et souvent, le peuple, remué de fond en comble, est ainsi préparé pour accepter des décisions pénibles ou impopulaires.
Bien remuer avant de s’en servir est d’abord une formule usitée pour les boissons et les jus ; mais petit à petit, elle a fait son chemin dans le jargon politique et diplomatique.
Nous assistons, depuis quelque temps, à un chambardement de ce type : les populations sont remuées de fond en comble.
Le temps passé à reposer la bouteille, laisser les particules les plus lourdes descendre, tirées par leur poids vers le bas, et regarder l’eau reprendre sa couleur et sa place, est équivalant à celui pris par une population à reprendre ses esprits et regagner sa place. Sauf que parfois, les stratégies ne sont pas aussi précises que les sciences mathématiques ; d’où les craintes de voir le bouchon soulevé par le souffle violent de la déflagration.
I.M. Amine