Amoura-Lalmas-Khelifati

DES SYNDICALISTES ET acteurs de LA SOCIÉTÉ CIVILE SUR LES DERNIERS DEVELOPPEMENTS POLITIQUES : «Le 6e vendredi de contestation pacifique sera plus mobilisateur»

Six semaines après le début, le 22 février dernier, du mouvement populaire pacifique, à travers le pays, la mobilisation semble être le maître mot, après l’appel du chef de l’état-major, de l’ANP, pour l’application de l’Article 102.

Demain vendredi, il sera encore question du sixième vendredi qui verra l’organisation des marches populaires à travers le pays, en faveur du changement du système politique en place, selon les syndicalistes et des représentants de la société civile, contactés, hier, par nos soins.

BOUALEM AMOURA, SG DU SATEF : « L’article 102 vise le sauvetage du système»
«En tant que syndicat, nous sommes le premier à rentrer dans cette dynamique pour apporter notre soutien à la voix du peuple, et nous continuons à le faire comme nous l’avons toujours fait même avant le 22 février, et ce, pour changer les choses en Algérie et aller vers une Algérie démocratique. Après l’annonce du vice-ministre de la Défense, Gaïd Salah, je pense que cela ne va pas répondre aux aspirations des citoyens, parce que le peuple réclame haut et fort le départ du système actuel, alors que l’application de cet article implique le maintien du gouvernement actuel, ainsi que les deux chambres du parlement. Cette solution, pour moi, elle vise le sauvetage du système et sa continuité.»

ABDELGHANI KAYOUCH (ASSOCIATION ESPOIR) : «On va participer à la construction d’une nouvelle Algérie»
« On va sortir ce vendredi, avec un programme bien déterminé, les personnes à mobilités réduites font partie de la société, mais malheureusement, ils sont marginalisés, ils subissent une injustice. Ils sont déterminés, et ils affirment qu’ils poursuivront leur mouvement pacifique pour un changement réel du système politique en place » Kayouche ajoute « les citoyens à mobilités réduites vont sortir pour participer à la construction d’une nouvelle Algérie. Cette action de protestation vise à participer au mouvement et, notamment pour dénoncer l’abandon par l’État de cette catégorie sensible de la société», nous a-t-il indiqué.

SMAÏL LALMAS, ECONOMISTE : «Le mouvement pacifique doit être préservé»
«Quelques soient les propositions et solutions pour faire sortir l’Algérie de cette crise, le peuple doit rester solidaire pour préserver son mouvement pacifique, sans confrontation ni division de ce mouvement populaire. Il faut juste aller dans le sens du respect des initiatives des uns et des autres. Maintenant, non seulement on doit protéger notre mouvement, mais aussi, on doit l’alimenter par des idées et avis réalistes, il ne faut pas aller vers l’imaginaire. L’initiateur doit juste convaincre les citoyens s’il a un avis fructueux», affirme-t-il. « Je dirai que l’application de l’article 102 doit être aménagée, c’est-à-dire sans Bensalah, sans Bouchareb, ni Belaïz ou Bedoui. Je préfère un 102 aménagé, avec la démission du Président pour aller dans un délai de 90 jours et puis on pourra organiser des élections présidentielles légitimes. Une fois, un président élu, c’est lui et son gouvernement qui devrait s’occuper du nettoyage de la scène politique. »

HASSEN KHLIFATI, PDG DE ALLIANCE ASSURANCES : «Le peuple maintient la pression»
«L’application de l’article 102 confirme que la période de transition sera gérée par le système en place, et cela constitue un réel danger pour le pays, car les revendications du peuple sont claires depuis le 22 février dernier. En effet, l’appel du vice-ministre de la Défense Gaïd Salah pour appliquer l’article 102 de la Constitution intervient très en retard et son application permet au système politique de gagner encore plus de temps. Le peuple va sortir ce vendredi pour exercer une pression sur le système politique, afin qu’ils partent tous, ils ne veulent aucunement négocier avec le gouvernement actuel sur l’avenir du pays. S’ils étaient satisfaits de cette dernière décision, je ne pense pas qu’ils sortiront encore une fois, mais ce n’est pas le cas.»

ABDELHAFID MELLAT, PRÉSIDENT DU CNES : « On rendra notre verdict aujourd’hui »
«On a toujours soutenu le « Hirak », mais vu qu’il y ait des évolutions politiques importantes, le Conseil national des Enseignants du supérieur n’a pas encore tranché sur sa décision de poursuivre son mouvement ou non. Puisque il y a ceux qui ont salué l’appel du chef d’état major de l’Armée nationale populaire, Ahmed Gaïd Salah d’appliquer l’article 102 de la Constitution, et même il y en a ceux qui ont catégoriquement rejeté cette ultime solution légitime du gouvernement, nous sommes en pleine discussion avec le bureau national des enseignants du Supérieur, afin de trancher sur notre décision finale que nous devons rendre publique demain (ce matin).»

ABDELGHANI BADI, AVOCAT : «Le peuple continuera à sortir si le pouvoir ne part pas »
«Il y a un vrai problème de rupture de confiance entre le peuple et le gouvernement, c’est pour cela que les citoyens vont sortir pour le sixième vendredi consécutif, l’application de l’article 102 de la Constitution demeure la seule solution légitime de ce pouvoir politique afin de continuer à exister après le 28 avril prochain, mais le peuple a refusé le 5e mandat et le prolongement du 4e mandat du Président sortant. Puisque maintenant, l’article 102 assure la continuité de ce régime, je ne pense pas que le peuple va rester les bras croisés, au contraire ils vont sortir ce vendredi, ainsi que les autres vendredis, si le pouvoir ne cède pas à la pression de la rue. »
Med Wali