Étudiants

CINQUIÈME MANDAT : Les étudiants protestent de nouveau

Alors que tout le monde retenait son souffle quant au dépôt ou non du dossier de candidature du Président à la présidentielle d’avril prochain afin de briguer un cinquième mandat, les étudiants ont marqué la journée, d’hier, par une seconde mobilisation pacifique en début de matinée à travers plusieurs universités du pays, pour réitérer leur rejet à cette candidature. à Alger, les étudiants de plusieurs facultés ont tenté de se frayer un chemin vers le conseil constitutionnel, barricadé par un grand dispositif sécuritaire. Venus des différents instituts de Bab Ezouar, Ben Aknoun, El harrach…, ils se sont massivement regroupés, aux premières heures de la matinée, pour en effet contester le projet du cinquième mandat. à la faculté centrale, restés à l’enceinte universitaire au départ, les étudiants avaient réussi à attirer la curiosité des passants, par les slogans qu’ils répétaient en chœur dont «Djazaïr Houra dimokratia !» (L’Algérie libre et démocratique) ou encore «Djazaïr machi Souria !» (L’Algérie n’est pas la Syrie). Plus tard, cers derniers avaient décidé de sortir et de rejoindre leurs autres camarades, avant d’envahir plusieurs ruelles d’Alger-centre. à noter que des heurtes entres étudiants et les forces de l’ordre ont fini par éclater, notamment, à Ben Aknoun, non loin du Conseil constitutionnel ou encore à Bab Ezzouar, du côté de souk el Fellah. Les forces de l’ordre avaient, en outre, empêché, de force, les étudiants de la faculté des sciences commerciales de Dely Brahim de sortir, en fermant les portails de la faculté, alors que la foule immense tentait de s’échapper. Le mouvement des étudiants n’a pas concerné seulement la capitale. à Boumerdès, ils sont carrément sortis de l’enceinte universitaire. Munis de pancartes et de drapeaux des couleurs nationales, où ils ont tenté de marcher pacifiquement vers le centre de la ville, avant d’être empêchés d’avancer par un dispositif sécuritaire. Face à ça, les manifestants n’ont pas recouru à la violence, tout en restant organisés, ils insistaient sur le caractère pacifique de leur marche en répétant le slogan de (Silmia, silmia). La marche pacifique des étudiants a été observée, en outre, dans les wilayas de Blida, Tipasa, Béchar, Constantine, Sétif, Bordj Bou-Arréridj, Bouira, Batna, Mostaghanem, Annaba…
Il convient de rappeler que les étudiants en sont à leur deuxième action de mobilisation après celle de mardi dernier. Des appels anonymes à la manifestation avaient été largement relayés sur les réseaux sociaux et auxquels les étudiants de toutes les universités du pays avaient répondu. La mobilisation avait pour objectif de contrer la position des organisations estudiantines ayant porté leur soutien à la candidature du président pour la prochaine échéance électorale. Les étudiants avaient menacé de boycotter les cours et d’aller vers une année blanche si aucun changement n’est pas opéré dans le pays.
Ania Nait Chalal