VIolence

Violences faites aux femmes : Le Réseau Wassila organise une journée d’étude

Organisant une conférence à l’Institut national de la santé publique (INSP), sous le slogan «Plaidoyer pour la reconnaissance de la victimologie», l’association AVIFE/ Réseau Wassila a indiqué, hier, que «les violences conjugales et intrafamiliales sont les plus fréquentes», soit : 80% des violences enregistrées.

C’est à l’occasion de la célébration, aujourd’hui, de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, que les participants ont indiqué, hier, que le «fléau universel lié au système patriarcal» consacrant la domination de l’homme, octroie à celui-ci «le droit de violenter la femme». Des violences à l’encontre des femmes «d’une extrême gravité» causant la mort aux femmes victimes de ces agressions. Pointant du doigt cette violence, considérée «une atteinte à l’intégrité physique et morale de la femme », les membres des associations précitées ont souligné, hier, que ces agressions sont « une atteinte à la dignité et la citoyenneté.» Sous le slogan «Plaidoyer pour la reconnaissance de la victimologie»,  les participants à la conférence ont dénoncé ceux qui persistent à considérer ces actes de violences contre la femme comme «des comportements ordinaires» quand, dans la plupart des cas, ils sont banalisés, un état de fait qui pousse les victimes à garder le silence et le secret» sur ce qu’elles ont subi. Mme Mammeri Oussedik Wahiba, présidente de l’association AVIFE/ Réseau Wassila a relevé, d’autre part, que « de grandes avancées ont été enregistrées en matière d’égalité entre l’homme et la femme, un volet consacré, notamment, par la Constitution, mais sur le terrain, on ne trouve pas la même connotation, à cause, notamment, des comportements et des mentalités qui caractérisent la société algérienne», a-t-elle fait observer, soutenant qu’«il y’a encore beaucoup de travail à faire pour changer les choses». Plusieurs raisons sont à l’origine de l’absence de suivis des plaintes juridiques déposées par plusieurs victimes de ces violences, dont le manque de moyens, et de concertation entre les différents acteurs de l’aide, institutionnels et sociaux. «Leur volonté s’épuise avec le temps», a affirmé maître Smati Anissa, avocate et chargée de cours à l’université d’Alger, et membre du Réseau Wassila. En indiquant que les procédures sont très lentes. «Les femmes battues sont ballottées d’institution en institution, de tribunal en tribunal, d’audience en audience, et elles subissent ainsi d’autres violences, qui en résultent parfois une survictimisation aussi préjudiciable, que les faits eux-mêmes» a-t-elle expliqué. En ajoutant «il y a des cellules qui reçoivent et orientent les femmes au Réseau Wassila , et pour mettre les victimes plus à l’aise, il y a une consultation gratuite une fois par mois dans le siège du Réseau Wassila, et c’est moi qui me suis déplacée vers elles, parce que auparavant les femmes violentées venaient à mon cabinet personnel, mais elles ne poursuivaient pas les procédures juridiques», en poursuivant «l’association AVIF, prend en charge tous les frais juridiques des victimes, mais puisque les affaires pénales prennent beaucoup de temps dans la justice algérienne, où elle peut dépasser les 8 ans, la plupart de ces femmes préfèrent divorcer ». L’objectif de cette journée d’étude était de « poser les bases d’une collaboration dans la durée avec l’espoir d’apporter des réponses concrètes aux besoins multiples des femmes victimes », a souligné l’association.
Lilia Sahed