Tout en étant prêts pour la riposte en cas de reprise de l’agression américano-sioniste, les dirigeants iraniens mènent une offensive sur le front diplomatique concrétisée par les déplacements du ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui s’est rendu à Moscou, après Islamabad et Mascate, et par la présentation d’un nouveau format de négociations transmis aux États-Unis par l’intermédiaire du Pakistan.
L’Iran a informé les médiateurs d’un cadre de négociation en trois étapes, qui, si Washington l’accepte, permettra la relance des pourparlers. La première étape des pourparlers porte sur la fin de la guerre et l’obtention de garanties qu’il n’y ait pas de reprise des hostilités contre l’Iran et le Liban ; aucun autre sujet ne sera abordé à ce stade. Si un accord est trouvé, le processus passera à la deuxième phase, qui portera sur la gestion du détroit d’Ormuz après la fin de la guerre avec des discussions qui seront menées en coordination avec la partie omanaise afin d’établir un nouveau cadre juridique. La troisième phase est liée aux discussions sur la question nucléaire. L’Iran refuse d’aborder ce sujet avant la conclusion d’un accord sur les deux premières phases du processus de négociations irano-américaines. Hier, Abbas Araghchi a fait savoir que les États-Unis ont proposé d’entamer des pourparlers avec l’Iran et, a-t-il ajouté, l’Iran étudie cette possibilité.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a fait remarquer, sans doute à l’adresse des agresseurs américano-sionistes et leurs alliés, que les Iraniens sont manifestement d’habiles négociateurs et plus forts qu’on ne le pensait. Il a exprimé, par contre, ses doutes quant à la stratégie américaine dans la guerre contre l’Iran, déclarant qu’il ne voyait « aucune issue claire pour Washington dans ce conflit ». Il a appelé à « une fin du conflit au plus vite, compte tenu de son impact direct sur l’économie allemande ». Abbas Araghchi se trouvait, hier, à Saint-Pétersbourg, en Russie, alliée stratégique, où il a rencontré le président russe, Vladimir Poutine. « Nous devons garantir les droits de notre peuple après 40 jours de résistance », a déclaré le ministre iranien qui a précisé que sa visite avait pour but de poursuivre les consultations étroites entre Téhéran et Moscou sur les questions régionales et internationales et renforcer les relations bilatérales. Il a ajouté que sa rencontre avec le président Poutine constituait « une occasion propice pour discuter de l’évolution de la guerre et faire le point sur les dernières informations », soulignant l’importance particulière des consultations et de la coordination entre les deux pays.
Le peuple iranien lutte avec courage et héroïsme pour sa souveraineté, lui a dit Vladimir Poutine qui a affirmé que la Russie fera tout son possible, dans l’intérêt de l’Iran et des autres pays de la région, pour instaurer la paix au Moyen-Orient le plus rapidement possible. La démarche diplomatique de l’Iran est soutenue par les manifestations populaires incessantes à Téhéran et dans d’autres villes. Fait significatif : le nom du vol d’Araghchi en Russie, «Minab 168», a été donné en mémoire des enfants tués par une frappe américano-israélienne. Un massacre qui restera gravé dans les mémoires et inscrit dans l’histoire parmi les nombreux crimes contre l’humanité commis par les États-Unis et l’entité sioniste en guerre contre les peuples.
Concernant le détroit d’Ormuz, Abbas Araghchi a confirmé que la coordination entre son pays et Oman se poursuit afin de garantir, selon lui, la sécurité de la navigation, dans l’intérêt des pays voisins et du monde entier.
À ce propos, la chaîne américaine CNN a rapporté que la plupart des navires ayant transité par le détroit d’Ormuz ces derniers jours ont suivi un itinéraire désigné par les autorités iraniennes.
La chaîne a ajouté que, selon les dernières données maritimes, environ la moitié de ces navires ont chargé de la cargaison dans des ports iraniens. Les dirigeants iraniens affirment qu’aucun pays n’est en mesure d’empêcher les exportations de pétrole iranien. Ils veulent signifier que, dans les faits, l’Iran contrôle le détroit d’Ormuz.
M’hamed Rebah















































