289 journalistes ont été assassinés à Ghaza par Israël entre octobre 2023 et décembre 2025, affirme l’ONU. Une hécatombe sous un silence international assourdissant. Alors comment célébrer demain la « Journée mondiale de la liberté de la presse » proclamée le 3 mai de chaque année par l’AG de l’ONU en 1993 ? Une bonne partie de la réponse se trouve dans le remplacement de l’intitulé initial par « Journée mondiale de la presse » sans le mot « liberté ». La partie restante de la réponse est portée par l’ONG « reporter sans frontières ». D’abord par sa façon de « regarder le doigt au lieu de la lune qu’il montre » pour commémorer cette Journée. On vous livre un extrait du magnifique texte que cette organisation vient de publier à cette occasion : « RSF ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur, l’organisation interpelle frontalement l’avenir en posant une question simple – jusqu’à quand allons-nous tolérer l’asphyxie du journalisme, l’entrave systématique des journalistes et l’érosion continue de la liberté de la presse ? ». Paroles, paroles,… Pas un mot sur le « cimetière des journalistes » de Ghaza. Pas un mot de compassion pour ces victimes de l’État hébreu. L’organisation a trouvé sa pirouette en se lançant dans des statistiques pour faire diversion et affirmer une lapalissade. Elle vient de découvrir une « dégradation de la liberté de la presse dans 100 pays sur 180 ». Aucune trace des 289 journalistes tués par Israël. Une organisation qui a toujours fait croire que la liberté d’expression existait vraiment. En faisant semblant d’ignorer ce qu’est une ligne éditoriale. Plus grave est la pénalisation de toute expression critiquant Israël en la confondant avec l’antisémitisme. Pour tout et n’importe quoi. Cela a si bien fonctionné que, de fil en aiguille, Caroline Yadan, député française et « juive sioniste » selon un média israélien, a présenté une proposition de loi à l’assemblée française. Elle voulait faire passer une loi qui porte son nom pour durcir encore plus et criminaliser toute critique d’Israël. Pourtant et dans les faits, aucun média occidental, à de très rares exceptions, ne critique l’État hébreu. Que ce soit pour être le seul pays au monde à posséder l’arme nucléaire en toute illégalité. Ou pour le génocide perpétré contre le peuple palestinien à Ghaza et en Cisjordanie avec en sus l’implantation illégale des colonies de peuplement. Ou encore pour être le seul pays de la planète à ne jamais respecter les centaines de résolutions de l’ONU et de son Conseil de sécurité, prises contre lui. Pour tous ces faits, Israël, ce pays « hors la loi », ne fait l’objet d’aucune critique des médias occidentaux. De ces médias qui, avec RSF, accusent, sans honte, d’autres pays, de manquements à la liberté d’expression. Demain, la Journée mondiale de la presse aura pour thème « les allergies provoquées par les coquelicots qui poussent au printemps ». Refusant la manipulation, la presse algérienne s’est dotée de sa propre journée, le 22 octobre, pour débattre de ses combats et les renforcer !
Zouhir Mebarki











































