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L’équation existentielle

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Pour survivre l’homme a besoin de respirer, de boire et de manger. De ces trois conditions, l’attention générale semble se concentrer sur l’alimentaire plus que l’air ou l’eau. Il est évident que les trois devraient retenir l’attention de manière égale. Ceci bien que leur gestion soit différente. Ce qui différencie l’attention qui leur est consacrée.  Dans cette équation existentielle, il sera question ici de l’eau qui est en déficit mondial et source de conflits à l’échelle planétaire. Depuis sa toute récente nomination à la tête du secteur de l’hydraulique, Lounès Bouzegza, est actuellement occupé à faire le « tour du propriétaire ». Par des réunions intra-muros et des sorties sur le terrain. Il a consacré sa dernière activité, lundi dernier, à une visite de travail au siège de l’Office national de l’assainissement (ONA). Dans ses orientations aux cadres de l’office, le ministre a insisté sur « la nécessité d’élargir l’utilisation et la valorisation des eaux usées traitées, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et des espaces urbains, tout en réservant les ressources conventionnelles exclusivement à l’alimentation en eau potable des populations ». Il a raison sauf que ce n’est là qu’un des aspects de la gestion de l’eau sur l’ensemble du territoire national. Les autres aspects, tous aussi importants les uns que les autres, vont de la production à la distribution en passant par la qualité, la sécurité, la maintenance et l’entretien, contre le gaspillage, etc, etc. Bouzegza a pris ses fonctions à la veille de la fête de l’Aïd El Adha. L’évènement sera suivi par la saison estivale. Deux périodes marquées par un pic des consommations. Ce sera son premier challenge de ministre. En parallèle, il est exigé de lui de parfaire l’organisation dans ses multiples volets avec comme priorité la disponibilité dans la durée de cette précieuse denrée. Sa distribution de manière la plus équitable possible sur l’ensemble du territoire national est aussi une exigence. C’est pourquoi, la tâche est loin d’être aisée. Les logiciels, programmes informatiques et même l’IA ne seront pas de trop dans cette difficile mission où le droit à l’erreur est proche de zéro. Il faudra trouver le moyen de s’assurer de la participation citoyenne pour éviter le gaspillage. En imitant et même en durcissant la facturation fragmentée et progressive adoptée par la Sonelgaz. Ce qui implique en amont l’entretien des réseaux de distribution pour réduire les fuites qui atteignent jusqu’à 50% dans certaines régions du pays. Ce sont aussi les branchements illicites récurrents qu’il faudra combattre sans concession. Il s’agit d’un combat pour la survie de toute une population où le laxisme doit être banni avec la plus extrême rigueur. Il s’agit aussi de commencer à prendre les mesures nécessaires dès aujourd’hui pour ne pas laisser, comme organisation, un héritage empoisonné à nos enfants et petits-enfants. La mission assignée par le président de la République, est d’en finir avec la gestion désarticulée de l’eau !

Zouhir Mebarki         

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