Accueil À LA UNE RELATIONS ALGÉRO-FRANÇAISES : Quand Macron se défausse sur les mabouls

RELATIONS ALGÉRO-FRANÇAISES : Quand Macron se défausse sur les mabouls

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Le président français, Emmanuel Macron, semble découvrir qu’il existe des « mabouls » qui veulent la rupture des relations avec l’Algérie alors qu’il a tous les pouvoirs pour mettre ces « écervelés » hors d’état de nuire en assumant jusqu’au bout ses pouvoirs régaliens et discrétionnaires.

Lors d’une sortie, qui l’a mené lundi chez les Padhue (Praticiens diplômés en dehors de l’Union européenne) pour s’enquérir de leur situation, il avait ouvert une fenêtre de tir pour parler de l’Algérie dans le contexte de la crise. Évoquant les médecins étrangers, dont une bonne partie de ceux qui exercent dans les hôpitaux français sont des Algériens, Macron dira à leur égard : « Ils font de la médecine, et le jour où il faut les titulariser, il faut repasser un concours pour emmerder le monde ».  Interpellé, sur place, par un médecin formé en Algérie, le président français s’en était pris, sans nommer personne, à ceux qui prônent la fermeté avec l’Algérie. « Allez le dire à tous les mabouls (fous, ndlr) qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie », a-t-il répondu lors d’un échange avec les soignants étrangers.  Il faut rappeler, dans ce cadre, que les tableaux de garde des hôpitaux et cliniques françaises sont toujours peuplés de noms de médecins, infirmiers et aides-soignants arabes, mais quand il s’agit de droits, ils sont royalement rappelés à leurs origines d’étrangers. Cette sortie du président français intervient après la visite en Algérie de Patrick Martin, le président du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) au cours de laquelle il avait rencontré son homologue algérien, Kamel Moula, le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA). Les deux parties avaient discuté affaires et plusieurs chefs d’entreprises des deux pays ont discuté de la possibilité de partenariat et d’échanges économiques. 

Le monde des affaires est à mille lieues de la logique de la classe politique française qui est en train de tout mettre en œuvre pour creuser, encore plus, le fossé entre les deux pays.   Cette tentative du président français de jouer à l’ « offusqué » est démontée par la présidente de l’Association France-Algérie, Mme Ségolène Royale qui avait assuré, lors de son séjour à Alger, qu’elle allait demander audience à Macron pour lui demander d’ouvrir une page avec l’Algérie. 

Et la question qui s’impose aujourd’hui est de savoir si cette audience a bien eu lieu et si Mme Royale a fait part au pensionnaire de l’Elysée de ses échanges avec les responsables algériens ? Car à voir de plus près un tweet qu’elle a publié, on pense que Macron aurait passé outre ses conseils. Elle a rappelé que c’est lui qui a durci les conditions de titularisation des médecins hors Union européenne en adressant une lettre dans ce sens, en 2025 à son chef du gouvernement François Bayrou. Mme Royale a indiqué que parmi les autres mesures, préconisées par Macron à son chef du gouvernement, un appel à suspendre formellement » l’accord de 2013 avec Alger concernant les exemptions de visa sur les passeports officiels et diplomatiques. La procédure était jusque-là gelée, faisant suite à des renvois de diplomates de part et d’autre de la Méditerranée. Emmanuel Macron voulait également « refuser les visas de court séjour aux détenteurs de passeports de service et diplomatiques » et l’alignement de l’Union européenne sur la fermeté envers l’Algérie.  Emanuel Macron, qui joue à l’« offusqué », a participé pleinement à la campagne contre l’Algérie. 

Et aujourd’hui, à l’approche de la fin de son mandat, il tente de prendre ses distances d’avec le discours xénophobe et raciste de l’extrême droite pour tenter de redonner une certaine virginité à son parti Renaissance (RE) qui a perdu les législatives, essuyé un cinglant échec aux municipales et qui peine à trouver un candidat consensuel à présenter pour les futures présidentielles pour lui éviter les primaires ou une alliance avec les extrêmes de la droite. Or l’Algérie, n’est pas un sujet qui pourrait servir les intérêts politiciens de la classe politique française.

Slimane B.

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