Accueil ACTUALITÉ GHAZA ET CISJORDANIE OCCUPÉE : Une population entre deux feux 

GHAZA ET CISJORDANIE OCCUPÉE : Une population entre deux feux 

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La situation dans les territoires palestiniens connaît une détérioration continue, marquée par la double pression économique et militaire et d’une crise humanitaire de grande ampleur. 

Plusieurs sources dénoncent une intensification des mesures sionistes affectant directement la population palestinienne, tant en Cisjordanie occupée que dans la bande de Ghaza.  Sur le plan économique, l’entité sioniste a décidé de retenir une partie importante des recettes fiscales collectées pour le compte de l’Autorité palestinienne. Cette décision, portée par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, fragilise davantage une économie déjà affaiblie par des décennies d’occupation. Selon les données disponibles, plus de 211 millions d’euros ont été collectés récemment, dont environ 168 millions ont été déduits pour couvrir ce que les autorités israéliennes présentent comme des dettes dues. Cette rétention de fonds, qui constituent une ressource essentielle pour le budget palestinien, limite considérablement la capacité de l’Autorité palestinienne à assurer des services de base, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. De nombreuses voix critiquent une mesure jugée déstabilisatrice, accusée d’accentuer l’asphyxie financière et d’aggraver la dépendance économique. Cette pression économique s’inscrit dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement tendu. En Cisjordanie, les opérations militaires sionistes se poursuivent, accompagnées d’une intensification des violences menées par des colons. Ces derniers ont multiplié les attaques contre des civils palestiniens et leurs biens au cours des dernières 24 heures, notamment dans les régions de Naplouse, Elkhalil et Ramallah. Des agressions physiques, des tirs, ainsi que des tentatives d’expulsion de bergers de leurs terres ont été signalés. Parallèlement, les forces sionistes ont mené de vastes opérations d’arrestation dans plusieurs villes et camps de réfugiés. Selon des organisations locales, près de 140 Palestiniens, dont des femmes et des enfants, ont été arrêtés en l’espace de deux jours. Ces incursions s’accompagnent fréquemment de perquisitions, de destructions de biens et d’interrogatoires sur le terrain, dénoncés comme des formes de pression collective sur la population. Dans la bande de Ghaza, la situation humanitaire reste particulièrement alarmante malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en octobre 2025, régulièrement violé selon des sources locales. Des frappes et tirs sporadiques continuent de faire des victimes. Mardi matin, un enfant de neuf ans a été tué lors d’une frappe à Khan Younès. Selon le ministère de la Santé à Ghaza, le bilan humain depuis le début du conflit en octobre 2023 s’élève à plus de 72 500 morts et 172 000 blessés. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, plus de 800 personnes ont été martyrisés et plus de 2 300 blessées, illustrant la fragilité persistante de la trêve.

La crise sanitaire atteint un niveau critique 

Les autorités sanitaires palestiniennes alertent sur le risque imminent de rupture d’approvisionnement en oxygène médical, en raison des pannes répétées de la seule station encore en fonctionnement dans le nord de Ghaza. Cette situation menace directement la vie de nombreux patients, notamment les malades chroniques. Malgré ces conditions extrêmes, des équipes médicales continuent d’opérer dans un système de santé largement détruit. À l’hôpital Al-Shifa de Ghaza, une intervention chirurgicale complexe a récemment permis de sauver un enfant de deux ans et demi d’un handicap permanent, illustrant la résilience du personnel soignant malgré le manque critique de matériel. Selon les estimations internationales, près de 90 % des infrastructures civiles, y compris les installations sanitaires et hydrauliques, ont été détruites ou endommagées. L’Organisation mondiale de la santé estime que la reconstruction du système de santé nécessitera environ 10 milliards de dollars au cours des prochaines années. La question de l’accès à l’eau constitue un autre enjeu majeur. L’organisation Médecins sans frontières accuse Israël d’utiliser l’eau comme un levier de pression, évoquant une « pénurie organisée ». La destruction des réseaux d’approvisionnement et les restrictions sur l’entrée de matériel empêchent des centaines de milliers de personnes d’accéder à une eau potable suffisante, augmentant les risques de propagation de maladies. Dans ce contexte, les organisations humanitaires appellent à une intervention internationale urgente pour garantir l’acheminement de l’aide, la protection des civils et la reprise des services essentiels. 

Elles soulignent que la combinaison des restrictions économiques, des violences et de la destruction des infrastructures crée des conditions de vie de plus en plus insoutenables pour la population palestinienne. Alors que les tensions persistent et que les perspectives politiques restent incertaines, la situation sur le terrain continue de se détériorer, alimentant les inquiétudes quant à une aggravation durable de la crise.

M. Seghilani

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