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Mali : retour à la case départ

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Ce qui devait arriver arriva au Mali. Nos voisins du sud-ouest, avec lesquels nous partageons une frontière terrestre de près de 1 400 kilomètres, basculent subitement dans la violence armée. Les Maliens se sont réveillés hier matin sur le retentissement des explosions et des tirs nourris dans plusieurs villes du pays. Des informations concordantes ont rapporté que les rebelles touaregs maliens affiliés au FNA (Front de libération de l’Azawad) ont lancé des attaques simultanées contre plusieurs positions des FAMa (Forces armées maliennes). Ces opérations armées ont été signalées notamment à Bamako, Kidal, Sévaré et à Gao. Les mêmes informations, qu’il serait difficile de confirmer à ce stade, avancent l’implication du Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) dirigé par Iyad Ag Ghaly dans ces opérations. Courant de cette journée, un porte-parole du FNA a déclaré que les forces du Front avaient réalisé des « avancées sur le terrain » dans le nord du Mali. Selon le même responsable, la ville de Kidal est tombée aux mains du Front. Bien que les attaques armées contre les positions militaires ne soient pas un fait nouveau au Mali. Surtout depuis la prise du pouvoir par les putschistes de Bamako. Fait à souligner en gras, ces offensives militaires d’envergure interviennent au moment où la junte malienne dirigée par Assimi Goïta, produit de coups d’État perpétrés entre 2020 et 2021, continue à entretenir le statu quo en se maintenant au pouvoir contre la volonté populaire. Au lieu d’honorer son serment prêté devant le peuple, notamment celui de remettre le pouvoir aux civils, Goïta verse dans des manœuvres dilatoires. Pire, lorsque la junte militaire décide de dénoncer l’accord d’Alger en parallèle à la conclusion d’alliances douteuses avec des pays qui sont connus pour leur rôle actif dans la déstabilisation de toute la région sahélo-saharienne. Au lieu de prôner une politique d’apaisement, un message de paix pour réconcilier toutes les parties et toutes les sensibilités sociales et politiques du pays en conflit, la junte malienne a choisi la voie du pire. Il faut rappeler que le pays a sombré dans une violence armée à l’origine d’une instabilité politique et institutionnelle chronique depuis 2012. Après des mois de violences entre les belligérants, notamment les groupes armés aux prises avec le gouvernement de Bamako, sur fond d’une ingérence militaire de puissances étrangères, un terrain d’entente a fini par être trouvé chez le voisin du nord à travers la conclusion du fameux accord d’Alger pour la paix et la réconciliation au Mali. Dommage, tous les efforts laborieux d’Alger ont été effacés d’un trait par une junte qui cherche à se maintenir au pouvoir quitte à compromettre l’avenir du peuple malien. Quitte à aller à rebours des intérêts stratégiques du pays. Des observateurs estiment d’ores et déjà que cette offensive militaire des groupes armés augure d’une chute de la junte de Bamako.

Farid Guellil

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