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NOTRE AMBASSADE À MOSCOU HONORE IVAN LYTKIN : Le colonel russe qui a déminé l’Algérie 

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L’Algérie a rendu hommage au colonel russe à la retraite Ivan Lytkin, en reconnaissance de sa participation aux opérations de déminage menées sur les frontières orientales et occidentales du pays. Ces zones avaient été fortement minées durant la période coloniale française, notamment dans le cadre des dispositifs connus sous les noms de « ligne Challe » et « ligne Morice », destinés à isoler la Révolution algérienne et à empêcher l’acheminement d’armes.

Cette distinction a été remise lors d’une cérémonie organisée par l’ambassade d’Algérie à Moscou, à l’occasion du centenaire de la naissance du colonel Ivan Lytkin, considéré comme l’un des experts militaires ayant contribué aux opérations de dépollution des sols algériens des mines antipersonnel, selon un communiqué de la représentation diplomatique algérienne. L’événement a réuni plusieurs personnalités diplomatiques et militaires russes de premier plan, parmi lesquelles l’ancien ambassadeur de Russie en Algérie, Igor Belyaïev, actuellement directeur adjoint du département Moyen-Orient et Afrique du Nord au ministère russe des Affaires étrangères, ainsi que le ministre des Relations économiques internationales de Moscou, Sergueï Tchériomine, et plusieurs responsables et experts. Dans son allocution, l’ambassadeur d’Algérie en Fédération de Russie, Toufik Jouamâ, a salué le rôle joué par le colonel Lytkin et les équipes d’ingénierie russes ayant participé aux opérations de déminage. Il a souligné que l’Algérie garde une profonde reconnaissance envers tous ceux qui ont contribué à débarrasser son territoire des « champs de la mort » laissés par la colonisation française.

Le lourd héritage des champs de mines

Cette commémoration remet en lumière l’ampleur des souffrances causées par les mines antipersonnel installées par l’armée coloniale française le long des frontières algériennes avec la Tunisie et le Maroc. Selon des estimations documentées, entre 9 et 12 millions de mines auraient été disséminées durant la période coloniale, provoquant des milliers de victimes civiles, dont environ 

7 300 martyrs selon des historiens algériens. L’Algérie avait déjà présenté à plusieurs reprises des rapports aux Nations unies documentant cette catastrophe humanitaire, qui a continué à menacer la population bien après l’indépendance. Dans ce contexte, des équipes d’ingénierie soviétiques ont joué un rôle central dans les opérations de déminage entre 1962 et 1965, dans le cadre de la coopération technique entre l’Algérie et l’Union soviétique. Plus de 300 experts militaires ont été mobilisés pour neutraliser les mines sur de vastes zones frontalières, notamment dans les régions des lignes Challe et Morice. Des sources russes ont qualifié cette contribution de stratégique dans le soutien apporté à l’Algérie nouvellement indépendante, indiquant que les équipes soviétiques ont réussi à détruire plus d’un million et demi de mines malgré des conditions de travail particulièrement dangereuses. Par la suite, l’Armée nationale populaire algérienne a poursuivi ces efforts de manière autonome, parvenant à déminer plus de 42 millions d’hectares de terres frontalières, dans l’une des plus vastes opérations de déminage jamais réalisées dans la région.

M. Seghilani 

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