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Le Makhzen rabroué

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Les universités espagnoles ont toujours été le berceau des luttes pour la défense des peuples opprimés et de leurs droits à la liberté et à l’indépendance. La famille estudiantine ibérique défend au premier chef – quoique la question palestinienne ne soit pas en reste – le Sahara occidental. Si le gouvernement espagnol peut être blâmé à cause de son revirement spectaculaire dans le dossier en 2022, le monde universitaire, lui, n’a pas mordu à l’hameçon de la prétendue marocanité. Les campus tiennent toujours à la neutralité comme position historique, et par ailleurs consensuelle à toutes les sensibilités politiques du pays. Cette adhésion forte à la cause sahraouie n’est pas tombée du ciel. C’est grâce, en grande partie, aux étudiants sahraouis qui ont réussi le pari de mobiliser les soutiens en faveur du référendum d’autodétermination. Le mouvement estudiantin a donc pris l’ascendant sur le recul du gouvernement espagnol sur la question. Cet état de fait pose de sérieux problèmes au Maroc qui voit le soutien estudiantin à la cause sahraouie d’un mauvais œil. A fortiori que son narratif sur la « marocanité » ne porte pas, ou très peu, dans le milieu universitaire espagnol. La propagande étalée par ses services marocains à l’étranger n’a pas donné les résultats escomptés. Le déni de la réalité et le mensonge n’ont pas réussi, comme stratégie, à infléchir les mouvements de soutien au Sahara occidental. C’est pourquoi le Makhzen semble changer de stratégie en procédant au noyautage des universités espagnoles afin de faire évoluer l’opinion interne en faveur de son narratif. Ce qui s’est passé récemment au sein de la faculté de droit de l’université de Saragosse nous donne une idée des intentions du Makhzen. Ainsi, à défaut de pouvoir défendre l’indéfendable d’une solution à une question de décolonisation inscrite sur le registre de la communauté internationale comme telle, le Makhzen recourt aux pratiques des barbouzes. En effet, l’Union des étudiants sahraouis de l’université de Saragosse a été témoin de faits graves. Le consulat marocain y a organisé une conférence où il a fait intervenir de pseudos étudiants sahraouis – mais qui étaient en réalité des Marocains – qui allaient défendre le narratif du Makhzen sur la question sahraouie. Mais, c’est sans compter sur la détermination des étudiants sahraouis, les vrais, qui ont réussi à dénoncer cette mascarade et à en démasquer les auteurs qui n’étaient autres que des agents du Makhzen. C’est dire que la propagande marocaine n’a plus preneurs à l’étranger.

Farid Guellil

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