La planète toute entière a suivi le voyage du Pape Léon XIV en Algérie. Maintenant qu’il a achevé sa visite dans notre pays, quelles sont les retombées de cet évènement ? La communauté catholique représente 1,4 milliard de personnes à travers le monde rassemblées autour de l’État de la Cité du Vatican, dirigé par le Souverain Pontife. Il est clair qu’après la visite Papale en Algérie, il y aura forcément un avant et un après. Dans les relations de notre pays avec le reste du monde, notamment avec les pays d’Europe le continent le plus près de nous. Si avec l’ensemble de ces pays, nos relations peuvent être classées d’excellentes à bonnes, avec la France il en est tout autrement. En cause la longue nuit coloniale que ce pays a imposé à nos aînés. Une nuit marquée par 132 ans d’occupation, de violences, de spoliations, d’humiliations. Une nuit qui a exigé de nous un combat de huit années de guerre, de souffrances, de morts et de larmes pour arracher notre liberté. Pourtant, 64 ans après, la haine et le racisme des enfants et petits-enfants des anciens colons nous poursuivent toujours. Il n’existe aucun autre exemple similaire dans le monde. Nous osons espérer que la visite du Pape aura pu changer le regard des catholiques français pour entreprendre une meilleure relation avec la population algérienne et son État. Vœu Pieux ? L’avenir le dira. En attendant, les signes enregistrés au cours du voyage du Pape sont discordants. Surtout la séquence du recueillement du Souverain Pontife au mémorial de Riadh El Feth à la mémoire de nos martyrs de la guerre que nous avons menée contre l’occupant. Certains médias français n’ont pas hésité à critiquer ce geste du Pape. Pourtant les colons, qu’on appelle aussi les pieds-noirs et qui ont quitté de leur propre chef l’Algérie pour s’installer en France, une fois l’indépendance arrachée, représentaient moins d’un million de personnes dont 200.000 juifs d’Algérie. Un nombre très minoritaire dans une population française en 1962, de plus de 46 millions de personnes. Comment se peut-il que la majorité des français qui ont voté dans l’hexagone pour l’indépendance de l’Algérie, le 8 avril 1962, à 90,81 % soient réduits au silence ? La minorité pied-noir qui les bâillonne est 46 fois moins nombreuse ? Dans le jour d’après la visite Papale, nous espérons que les héritiers de cette majorité de fidèles en France fassent respecter le suffrage de 1962. Plus largement, nous espérons aussi que toutes les guerres et conflits armés cessent par le dialogue, ce moyen privilégié recommandé expressément par le Souverain Pontife. Nous pensons aux palestiniens qui souffrent le martyr, dans un silence coupable. Il y a aussi les libanais qui sont régulièrement agressés dans l’indifférence internationale. Et ces pays africains qui sont martyrisés et pris en otages par un terrorisme cruel et aveugle, financé et encouragé par les puissances de l’argent. Réalistes malgré tout, nous entrevoyons dans le jour d’après, les signes d’une avancée. Une avancée pour qu’un jour prochain…
Zouhir Mebarki








































