Plusieurs milliers d’Argentins ont celébré vendredi en musique, en un spectaculaire rassemblement spontané à Buenos Aires, la mémoire de Carlos Alberto Solari, l’un des artistes rock les plus influents de son pays depuis un demi-siècle, décédé vendredi à 77 ans.
A la tombée de la nuit, une foule dense, armée de guitares, dansant, chantant, reprenant des tubes du rocker, ou allumant des bougies, a envahi la Place de Mai au coeur de la capitale, en une sorte de concert géant spontané mais sans artiste. Des rassemblements similaires ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, selon les télévisions locales Solari, qui souffrait de la maladie de Parkinson, a été retrouvé mort vendredi matin à son domicile de Parque Leloir, à 33 km de Buenos Aires, probablement victime d’un AVC selon l’hypothèse initiale du parquet. A travers ses groupes successifs — le plus connu « Patricio Rey y sus Redonditos de Ricota » — ou en solo, Carlos Alberto « el Indio » Solari a diffusé depuis les années 70 un rock électrique, nerveux, saturé, aux textes souvent ésotériques, parcourus de critique sociale, du consumérisme, de l’establishment ou de la répression d’Etat. Relativement peu connu hors Argentine, mais drainant un véritable culte en son pays, Solari était réputé pour des concerts phénomènes, rassemblant des foules massives venues de divers coins du pays, débordant souvent l’organisation. En 2017, un de ces concerts événements, avec plus de 300.000 personnes dans un site champêtre prévu pour moitié moins, avait donné lieu à une bousculade monstre qui avait fait deux morts et une douzaine de blessés à Olavarria, à 350 km de Buenos Aires.















































