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ILS PEINENT À RÉDUIRE AU SILENCE L’EX-ESPION MEHDI HIJAOUI : Le Makhzen et la DGED aux abois

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Le Makhzen est aux abois et il ne sait plus comment gérer l’affaire de l’espion qui a fait défection, Mehdi Hijaoui, le numéro 2 de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), le nom officiel des services secrets marocains.
Déjà mis dans la gêne par l’affaire du Youtubeur Hichem Jirandou qui, depuis Montréal est en train de faire trembler les fondements de la monarchie et par les révélations du couple de journalistes Dounia et Adnan Filali, le Makhzen qui a utilisé tous les artifices pour mettre la main sur Hijaoui est en panne d’inspiration. La traque de ce haut responsable des services secrets, acteur et témoin des coups tordus du régime, aujourd’hui réfugié à l’étranger continue. Pour de nombreux observateurs, l’étau se resserre autour de lui, et il pourrait, par instinct de survie entamer le déballage qu’il a promis. Depuis 2024, cet espion âgé de 53 ans a fui le royaume chérifien, emportant avec lui des secrets dérangeants sur le Makhzen – les réseaux de pouvoir autour du palais royal. Cela a fait réagir le Makhzen qui s’est empressé de mettre la pression sur son cercle familial et ses réseaux professionnels. C’est une guerre qui vise d’une part à le localiser et d’une autre à le neutraliser avant qu’il ne passe au grand déballage. Il faut savoir que Mehdi Hijaoui a occupé des postes importants au sein du redoutable appareil sécuritaire marocain la DGED. Sa fuite vers l’étranger a mis en branle toute une machine de répression pour le pousser à se rendre aux autorités marocaines ou à le faire extrader par les voies et moyens judiciaires. Entre mars 2025 et février 2026, 42 personnes ont été inquiétées, poursuivies et condamnées pour « escroquerie » et « complicité d’assistance à un criminel en fuite ».
Son ex-femme a écopé de trois ans de prison ferme en 2025. Elle doit être rejugée en appel en juin. Parmi les autres personnes inquiétées, figurent aussi le frère du chef de la sécurité du prince héritier, Moulay Hassan, et plusieurs commissaires de police. Le Makhzen qui a mis à contribution une nuée de mouches électroniques pour nuire à l’image de cet ex-espion, présenté comme escroc, aventurier, mythomane et malade, n’a toujours pas trouvé la parade pour le neutraliser. Yassine Mansouri, l’homme fort de la DGED en fait une affaire personnelle. Déjà cité dans l’affaire des eurodéputés corrompus et dans l’affaire du logiciel espion « Pegasus », et convoqué par la justice hollandaise dans le cadre d’une affaire de divulgation de secrets d’État dans laquelle est cité, Abderrahim El M., un ancien employé qui travaillait comme analyste pour le coordinateur de la lutte contre le terrorisme de l’Autorité nationale de la sécurité et du contre-terrorisme (NCTV),  il a engagé une course contre la montre pour mettre la main sur Hijaoui avant qu’il n’entame le chapelet de ses révélations.
Curieusement, et pour tenter d’obtenir son extradition, la justice marocaine a émis des mandats d’arrêts contre lui pour des accusations d’escroquerie. De simples délits selon les juridictions européennes qui ne sont pas prêtes à donner suite aux sollicitations de magistrats marocains qui ont prononcé des peines, dictées par Mansouri et le chef du gouvernement Akhenouch alors que le dossier à charge est vide. « Les révélations de Hijaoui pourraient entraîner la chute de la royauté. Les documents et les preuves qu’il détient sont autant de bombes à retardement qui pourraient toucher le cercle très rapproché du roi, la famille royale et même les responsables de la DGED et du Makhzen », affirment des activistes marocains qui suivent avec intérêt les gesticulations de la justice du royaume qui peine à trouver des artifices pour obtenir l’extradition par les magistrats de l’espace de l’Union européenne cet espion devenu gênant.
Ses silences dérangent et ses rares sorties sur la toile le font autant. Et en attendant la suite de cette affaire qui risque de torpiller la DGED et toute sa structure, les avocats de Hijaoui ont introduit des recours pour faire invalider les mandats d’arrêt émis à son encontre au motif qu’ils ne sont que la partie visible d’une machination politique visant à le faire taire.
Slimane B.

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