Il y a toujours une période de transition dans les changements des métiers à chaque grande étape que traverse l’humanité dans son organisation du travail. Des métiers disparaissent, d’autres naissent. Dans l’intervalle, il est inexact de considérer la période dite de « soudure » comme étant celle du chômage. Toutefois, les mesures d’anticipation que prennent les États au passage annoncé d’une ère à une révolution, font toute la différence de leur vision du futur. Lors du passage de l’ère agricole à l’ère industrielle symbolisé par la machine à vapeur, les empires coloniaux faisaient régner l’esclavage. Les colonies n’étaient concernées ni par les anciens métiers ni par les nouveaux. Aujourd’hui, mis à part la Palestine et le Sahara occidental qui sont les deux derniers pays colonisés, tous les peuples de la planète doivent s’emparer des nouveaux métiers. C’est le sens à donner au premier forum de l’enseignement technique et professionnel des pays méditerranéens (TechSkills Forum) qui s’est tenu, vendredi et samedi dernier, au Caire. Invitée par l’Égypte et l’Italie, l’Algérie était représentée par la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mme Nacima Arhab. Ce rendez-vous a réuni 13 pays du pourtour méditerranéen et d’Afrique. L’objectif était de « débattre des principaux défis et opportunités imposés par les mutations accélérées dans les domaines de la numérisation, de l’intelligence artificielle (IA), de l’automatisation et de la transition technologique ». Par « défis » et « opportunités », il faut comprendre les métiers qui sont appelés à disparaître et les nouveaux métiers attendus par l’organisation du travail. Ce fut l’occasion aussi de « renforcer le dialogue et la coopération entre les pays du bassin méditerranéen, échanger les expertises, passer en revue les expériences réussies et prospecter les métiers d’avenir, de manière à rapprocher les systèmes d’enseignement et de formation des exigences du marché du travail et de l’économie, pour une meilleure intégration et efficacité » précise le communiqué publié par le département de Mme Arhab. Il s’agit de coopération en matière de formation des formateurs. Ce qui permettra d’intégrer les nouveaux métiers dans l’éventail de la formation professionnelle (FP). Quelques exemples : Les mécaniciens automobiles doivent ajouter à leur formation la partie électronique embarquée dans les derniers modèles. Tout comme il faudra assurer, sans tarder, le service après-vente (SAV) des robots « dopés » par l’IA et dont la commercialisation a déjà commencé en Algérie. Tous les secteurs sont astreints à une mise à jour de leurs équipements. Il nous faudra maîtriser, dans les temps, l’industrie 4.0. Belle coincidence en cette période des examens qui précèdent la période des orientations des étudiants. Tous nos étudiants. Ceux qui réussissent à leurs examens, mais pas seulement. La liste de l’offre des nouveaux métiers est considérable. La FP n’est plus un dérivatif. C’est un défi majeur pour ne pas rater le train du développement !
Zouhir Mebarki











































