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AU PROFIT DE SES ALLIÉS DU GOLFE : Washington veut détourner l’argent iranien

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Conformément à leur habitude de faire main basse sur les richesses des autres pays, le cas récent du pétrole vénézuélien en est un exemple flagrant, les États-Unis envisagent de commettre un vol caractérisé à l’encontre de l’Iran.
L’information est donnée par plusieurs agences citant Reuters: les États-Unis étudient la possibilité d’utiliser les avoirs iraniens gelés pour indemniser leurs alliés dans les pays du Golfe pour les dommages causés par les attaques iraniennes, ainsi que pour soutenir les efforts de reconstruction et les réformes nécessaires en cas de dommages futurs. On sait que l’Iran avait averti que les infrastructures énergétiques des États du Golfe, où sont stationnées des bases et de troupes américaines et d’où partent des attaques contre des sites iraniens, sont des « cibles directes et légitimes ». L’agence Reuters ainsi que  Bloomberg et CBS News rapportent une déclaration du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, publiée samedi, selon laquelle, il a chargé une équipe d’évaluer le coût des dommages déjà infligés aux alliés du Golfe par l’Iran, précisant que Washington envisage également d’utiliser des avoirs iraniens pour financer ces réparations. C’est dire toute l’hypocrisie de Washington qui prétend chercher à négocier la paix avec Téhéran alors qu’elle continue ses coups bas pour aggraver les sanctions contre l’Iran. On comprend parfaitement la méfiance que l’Iran –peuple et dirigeants- cultive à l’égard des Etats-Unis depuis les années cinquante du siècle passé, lors de l’affaire de la nationalisation du pétrole suivie du coup d’Etat en 1953 qui a placé des dirigeants serviles pro-américains à la tête du pays.  Le 5 juin, dans une interview télévisée, Mohsen Rezaei, conseiller militaire du Guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré qu’un accord dépendait du retour à l’Iran de 24 milliards de dollars d’avoirs gelés par les États-Unis. « C’est notre argent, pas l’argent américain », a déclaré Rezaei, qualifiant cette demande de test de confiance envers le président américain Donald Trump. Parallèlement, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré que l’Iran souhaitait qu’au moins 12 milliards de dollars soient déboursés immédiatement après la signature de tout protocole d’accord avec les États-Unis, et que le montant restant devrait être déboursé dans un délai d’un ou deux mois maximum. Des sources médiatiques rappellent que depuis la révolution iranienne de 1979, une partie importante des actifs financiers iraniens reste bloquée sous l’effet des sanctions américaines et des restrictions internationales. Aucun chiffre officiel n’existe, mais, selon ces sources, plusieurs estimations avancent un total compris entre 100 et 123 milliards de dollars répartis dans différents pays. La grande majorité est constituée de revenus d’exportation de pétrole et de gaz accumulés pendant des décennies, qui n’ont pas pu être transférés en raison des sévères sanctions bancaires imposées par les États-Unis à l’Iran. C’est ce qui s’est passé aussi avec l’Irak dont les revenus pétroliers ont été « gérés » par les Etats-Unis  après leur invasion de ce pays en  2003, ce qui a rendu Bagdad dépendant du bon vouloir de Washington. Pour rappel, concernant l’Irak, voisin de l’Iran, et pays pétrolier lui aussi, les Etats-Unis avaient saisi, en mars 2003 (il y a 23 ans !), 1,4 milliard de dollars d’avoirs irakiens pour, prétendument, financer la reconstruction de l’Irak après l’invasion américaine de ce pays. Les observateurs avaient noté que c’était la première fois que les Etats-Unis saisissaient des avoirs étrangers dans le cadre de la loi fédérale antiterroriste qui avait été adoptée en 2001, et ils précisaient que la saisie est une mesure nettement plus coercitive que le simple gel, puisque dans ce dernier cas les actifs ne changent pas de propriétaire et continuent à produire des intérêts. Jusqu’à aujourd’hui, les autorités irakiennes restent confrontées à des difficultés pour récupérer l’argent de leur pays.
M’hamed Rebah

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