Malgré l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu, le sud du Liban reste le théâtre de frappes et d’incidents meurtriers. Alors que les habitants reprennent le chemin de leurs villages dans le sud, la Bekâa et la banlieue sud de Beyrouth, les violations israéliennes se poursuivent, faisant de nouvelles victimes et fragilisant une trêve déjà précaire.
Un Libanais a été martyrisé et trois autres personnes blessées, dont un ressortissant syrien, dans une frappe sioniste ayant visé une moto et un véhicule sur la route entre Kounine et Beit Yahoun, dans le district de Bint Jbeil. Cette attaque constitue une violation directe de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur à l’aube pour une durée de dix jours. Parallèlement, l’artillerie sioniste a bombardé les abords de plusieurs localités du sud, notamment Rshaf et Biyout al-Sayyad, tandis que des explosions ont été signalées dans les villages de Taybeh, Deir Seryan et Aïtaroun, selon des sources locales. Ces actions sont perçues comme des tentatives d’intimidation visant à dissuader les civils de regagner leurs régions. Quelques minutes avant l’entrée en vigueur de la trêve, une attaque meurtrière avait déjà frappé la ville de Tyr, faisant 13 martyrs, plus de 70 blessés, et laissant plusieurs personnes portées disparues. En dépit de la poursuite des frappes et des destructions massives, les routes menant vers le sud du pays sont saturées par le retour massif des déplacés. Des convois importants ont été observés en direction de Nabatiyeh et de ses villages, tandis que la banlieue sud de Beyrouth et certaines zones de la Bekâa connaissent une reprise progressive de la circulation. L’armée libanaise s’emploie à faciliter ce retour en rouvrant des axes stratégiques, notamment le pont de Qasmiyeh sur le fleuve Litani, gravement endommagé lors des bombardements, afin de rétablir la liaison entre les différentes régions. Malgré l’ampleur des destructions, de nombreux habitants choisissent de revenir et de s’installer dans leurs localités, parfois dans des conditions précaires, déterminés à reprendre une vie normale.
Un lourd bilan humain et matériel
Ce retour intervient après une offensive sioniste d’envergure lancée le 2 mars dernier, qui a duré 46 jours. Selon le ministère libanais de la Santé, le bilan s’élève à 2 294 martyrs et 7 544 blessés depuis l’intensification des hostilités. Les infrastructures civiles ont été durement touchées, notamment les réseaux d’eau et d’électricité. Les services de santé ont également subi de lourdes pertes, avec la mort de 100 secouristes et personnels médicaux et plus de 230 blessés, révélant l’ampleur de l’impact sur le système sanitaire.
Au deuxième jour de la trêve, les violations se poursuivent avec des tirs d’artillerie et des rafales d’armes automatiques signalés dans plusieurs localités du sud, notamment à Aïtaroun et Kounine. Ces développements alimentent les craintes d’une reprise des combats à grande échelle. Malgré cela, les scènes de retour des habitants témoignent d’une volonté forte de résilience face à la guerre, dans un contexte où la stabilité reste fragile et l’avenir incertain.
M. Seghilani













































