Au Maroc, les prix du carburant à la pompe ont fortement grimpé après une nouvelle hausse du gazole (diesel) appliquée jeudi 16 avril 2026. Le litre atteint désormais environ 15,50 DH, marquant la troisième augmentation majeure en un mois.
Cette flambée, liée aux tensions au Moyen-Orient et à la progression des cours mondiaux, se traduit par une hausse d’un dirham par litre dans les stations-service et pèse lourdement sur le budget des ménages marocains. Cette augmentation rapproche de manière inédite les prix du gazole et de l’essence, accentuant les difficultés financières des professionnels du transport et des citoyens. Les inquiétudes se multiplient quant à l’effet de cette hausse sur les produits de consommation et les services liés à la mobilité, dans un contexte où le coût de la vie atteint déjà des niveaux record. Les réactions ne se sont pas fait attendre. Ahmed Raho, président du Conseil marocain de la concurrence, a dénoncé la méthodologie actuelle de révision des prix. Dans des déclarations aux médias, il a qualifié l’uniformisation des périodes de modification des tarifs de « quasi-entente », estimant que le fait d’attendre tous les quinze jours pour ajuster collectivement les prix nuit à la concurrence loyale. La hausse des prix des carburants au Maroc suscite une vague de colère en ligne. De nombreux citoyens expriment leur désarroi face à un plein devenu difficile à assumer, dénonçant une situation jugée injuste. Certains internautes proposent de boycotter les stations-services, de laisser les voitures au garage et de privilégier la marche, le vélo ou les transports publics uniquement en cas de nécessité. Une manière de contourner des prix jugés insoutenables. La colère s’amplifie face à ce qui est perçu comme une incohérence : alors que les prix du pétrole baissent sur les marchés internationaux, ils continuent d’augmenter au Maroc. Certains rappellent qu’une trêve de 15 jours annoncée par les États-Unis avait entraîné une baisse mondiale sans impact local. Les sociétés de distribution de carburant sont accusées de s’entendre pour maintenir des prix élevés. Les internautes pointent du doigt l’absence de régulation et s’interrogent sur le rôle du Conseil de la concurrence. Ils dénoncent une libéralisation des prix qui ne profite pas au consommateur. Au-delà du carburant, les hausses touchent divers produits, renforçant le sentiment d’étouffement économique. « Ils nous ont noyés dans les dettes », écrit un internaute, résumant le désespoir d’une partie de la population. Certains appellent à une mobilisation citoyenne pour contraindre les entreprises à revoir leurs tarifs. Avec la flambée des prix du gazole et de l’essence qui pèse lourdement sur le budget des familles, l’économie marocaine est soumise à une pression croissante.
Cette situation aggrave l’inflation, la hausse du chômage et fait planer le risque d’une déstabilisation sociale et politique
Pour les économistes, cette incertitude persistante signifie que les entreprises répercuteront les coûts de production plus élevés sur les consommateurs par le biais de la hausse des prix des produits et services. Pour de nombreuses familles marocaines, les répercussions économiques sont déjà visibles. La flambée des prix de l’énergie menace de renchérir les tarifs des transports publics et de la logistique, ainsi que les produits alimentaires, tout en augmentant les coûts pour les agriculteurs. La hausse actuelle s’inscrit dans une série de tensions sociales liées à l’augmentation générale du coût de la vie au Maroc, qui alimente un climat de méfiance vis-à-vis au régime du Makhzen. Si la tendance se poursuit, le Maroc pourrait être confronté à une crise sociale plus profonde. Les syndicats de transport menacent déjà de grèves, tandis que les associations de consommateurs réclament une intervention urgente de l’État pour réguler le marché. Les experts estiment que sans mesures de soutien — telles que la réduction des taxes, la mise en place de subventions ciblées ou une meilleure régulation des distributeurs — la situation risque de fragiliser davantage le tissu social et économique du pays.
R. I.













































