La dernière fois que le président français, Emmanuel Macron, s’est exprimé sur l’Algérie et la crise des relations entre les deux pays remonte au mois de mars 2025 lorsqu’il avait, disait-on, recadré son Premier ministre et ministre de l’Intérieur qui étaient alors remontés contre notre pays. Il a fallu plus d’une année après pour le chef de l’Élysée de reparler de l’Algérie. Et pourtant, beaucoup de choses se sont passées et beaucoup d’événements se sont enchaînés entre les deux pays. Pour autant, Emmanuel Macron s’est imposé le silence. Même après les visites de son ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, ou encore la présidente de l’Association France – Algérie. Ces deux événements qui ont eu, au moins, le mérite d’avoir réanimé, en bien ou en mal, les relations entre les deux pays, n’ont pas fait bouger le président français. Jusqu’à ce qu’on assiste, ces derniers jours, à la venue, en Algérie, du président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin, dans le cadre d’une visite qui l’a vu rencontrer et échanger avec son homologue algérien, Kamel Moula, le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA). C’est dans le contexte, justement, de cette visite, qu’intervient la sortie, par ricochet, d’Emmanuel Macron, pour évoquer l’Algérie. En effet, lors d’une sortie qui l’a mené hier chez les Padhue (praticiens diplômés en dehors de l’Union européenne) pour s’enquérir de leur situation, Emmanuel Macron a ouvert une fenêtre de tir pour parler de notre pays dans le contexte de la crise. Évoquant les médecins étrangers, dont une bonne partie de ceux qui exercent dans les hôpitaux français sont des Algériens, Macron dira à leur égard : « Ils font de la médecine, et le jour où il faut les titulariser, il faut repasser un concours pour emmerder le monde. » Interpellé, sur place, par un médecin formé à Oran (présenté comme tel par la presse française), Macron s’en est pris, sans nommer personne, à ceux qui prônent la fermeté avec l’Algérie. « Allez le dire à tous les mabouls (fous, ndlr) qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie », a-t-il répondu lors d’un échange avec les soignants étrangers. Encore une fois, la sortie de Macron ne peut pas être anodine, d’autant plus que la visite du Medef en Algérie, quoique peu médiatisée, demeure dans l’actualité. Paris compte-t-elle changer de stratégie de communication à l’égard d’Alger au point de considérer les relations entre les deux pays dans le volet strictement pragmatique ? Ce serait un message passé à travers la visite du patron des patrons français. Par ailleurs, il faut noter que le CREA a communiqué, hier, sur le contenu de ses échanges avec le Medef. Il s’agit, grosso modo, pour les deux organisations patronales de partager la conviction selon laquelle il y a nécessité de « partenariats de voisinage » et de « l’intensification et de la structuration du dialogue économique » entre les institutions économiques des deux pays.
Farid Guellil












































