
Le geste est certes bref, mais sa portée symbolique est immense. Lors d’un événement officiel, en fin de semaine, lié au football international, le président de la Fédération internationale, Gianni Infantino, a invité le président de la Fédération palestinienne, Jibril Rajoub, à serrer la main de son homologue sioniste. Une scène en apparence anodine dans les usages diplomatiques du sport, mais qui, dans le contexte actuel, ne pouvait être interprétée comme un simple geste de courtoisie. La réponse palestinienne fut sans équivoque : un refus catégorique, suivi d’un départ immédiat de la scène.
Ce refus, loin d’être un acte impulsif ou isolé, s’inscrit dans une posture politique et morale assumée. Il traduit une ligne de conduite claire : celle de ne pas cautionner, même symboliquement, ce qui est perçu comme une normalisation avec un État accusé de mener une guerre dévastatrice contre le peuple palestinien. Depuis le 7 octobre 2024, les chiffres évoqués par diverses sources font état de dizaines de milliers de victimes palestiniennes, dont une proportion importante de civils, en particulier des femmes et des enfants. Dans ce contexte tragique, chaque geste public prend une dimension qui dépasse largement le cadre sportif.
Le football, souvent présenté comme un vecteur universel de paix et de rapprochement entre les peuples, se trouve ici confronté à ses propres limites. Peut-il réellement se soustraire aux réalités politiques et humaines ? Pour Jibril Rajoub, la réponse semble être non. Accepter cette poignée de main aurait pu être interprété comme une forme d’indifférence face aux souffrances en cours, voire comme une légitimation implicite d’une situation jugée inacceptable.
Ce positionnement met également en lumière une tension récurrente au sein des instances sportives internationales : celle entre la volonté affichée de neutralité et les pressions morales imposées par les événements du monde réel. En demandant un geste de rapprochement, Gianni Infantino s’inscrivait sans doute dans une logique de dialogue et d’apaisement. Mais cette démarche se heurte ici à une réalité où les rapports de force et les blessures sont encore à vif.
Le départ de Jibril Rajoub de la scène constitue ainsi un acte politique à part entière. Il envoie un message clair : il existe des moments où le silence ou la neutralité ne sont plus tenables, où refuser devient une forme d’expression nécessaire. Ce geste, qui pourrait être critiqué par certains comme un refus du dialogue, est perçu par d’autres comme une affirmation de dignité et de cohérence.
Hakim S.












































