Dans la bande de Ghaza, la situation sécuritaire continue de se détériorer malgré les annonces de cessez-le-feu. De nouvelles attaques israéliennes, menées notamment par des drones et des avions de reconnaissance, ont touché plusieurs zones du territoire, faisant des morts et des blessés parmi les civils. Selon des sources médicales locales, trois Palestiniens ont été martyrisés et plusieurs autres blessés lors d’un bombardement visant une charrette tirée par un animal près du rond-point du Koweït, au sud du quartier d’Al-Zaytoun, à l’est de la ville de Ghaza. Les victimes ont été transférées vers un hôpital de campagne, certains blessés étant dans un état critique. L’attaque a également provoqué une paralysie du trafic sur la rue Salah al-Din, un axe vital de circulation dans l’enclave. Dans le centre de la bande de Ghaza, six civils ont été blessés, dont plusieurs grièvement, à la suite d’une frappe aérienne menée par un drone israélien près de l’hôpital Al-Aqsa à Deir al-Balah, alors qu’un groupe de personnes se trouvait sur place. Par ailleurs, à l’est de la ville de Ghaza, dans le quartier de Shujaiya, un homme âgé a été blessé par des tirs de l’armée sioniste alors qu’il se trouvait près d’une école. Il a été admis à l’hôpital Al-Maamadani.
Bilan humanitaire : des chiffres alarmants
Les autorités sanitaires locales indiquent une aggravation continue du bilan humain depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. 823 morts et 2 308 blessés ont été enregistrés depuis le 11 octobre dernier, 763 corps ont été récupérés sous les décombres. Depuis le début du conflit le 7 octobre 2023, le bilan global atteint 72 599 morts et 172 411 blessés. Ces chiffres illustrent l’ampleur de la crise humanitaire dans l’enclave palestinienne, où les infrastructures médicales restent sous forte pression. Malgré les accords annoncés, les autorités locales dénoncent la poursuite des frappes et des tirs israéliens. Selon plusieurs sources, ces violations se poursuivent depuis plus de 200 jours, avec des bombardements réguliers sur différentes zones de l’enclave, notamment Rafah, Jabaliya et l’est de Ghaza. Des tirs d’artillerie ont été signalés au nord-ouest de Rafah, tandis que des frappes nocturnes ont touché des zones résidentielles à l’est de Ghaza et de Jabaliya, accompagnées de tirs intensifs provenant de véhicules militaires.
Non-respect de l’accord de cessez-le-feu
Dans un communiqué publié hier, le mouvement de la résistance palestinienne affirme respecter ses engagements dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, notamment en ce qui concerne la restitution des prisonniers et des dépouilles. Le mouvement accuse en revanche Israël de violer systématiquement les termes de l’accord, en poursuivant les attaques contre les civils et en aggravant la crise humanitaire par le maintien du blocus et des restrictions sur les points de passage, notamment celui de Rafah. La résistance estime que ces violations constituent une continuation de la guerre et appelle les médiateurs internationaux et les pays garants de l’accord à intervenir afin de faire respecter les engagements et de protéger la population civile.
Tulkarem : opérations militaires continues
En Cisjordanie occupée, les forces sionistes ont intensifié leurs opérations, notamment dans la ville de Tulkarem, au nord. Des patrouilles militaires ont été signalées dans plusieurs quartiers, accompagnées de tirs de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes. Des perquisitions ont été menées dans des habitations privées, accompagnées d’interrogatoires sur place. Aucun bilan d’arrestation n’a été confirmé lors de ces opérations, mais la population locale vit sous une pression constante. Ces incursions interviennent alors que l’opération militaire dans la région de Tulkarem et ses camps de réfugiés se poursuit depuis plus de 450 jours, selon des sources locales.Près du mur de séparation dans la zone de Al-Ram, au nord d’Elqods, un jeune Palestinien a été blessé par balles. Le Croissant-Rouge palestinien a indiqué qu’il avait été touché aux jambes avant d’être transféré à l’hôpital. Les travailleurs palestiniens continuent également d’être exposés à des violences régulières lors de leurs déplacements vers les zones de travail, notamment près des checkpoints militaires. Selon des statistiques syndicales, plus de 44 travailleurs ont été tués et plus de 34 000 arrêtés depuis le début du conflit.
Attaques de colons et nouvelles tensions à El-Khalil
Dans le sud de la Cisjordanie, des colons sionistes armés ont attaqué des habitations dans la région d’Al-Arroub, au nord d’Elkhalil. Des tirs à balles réelles ont été signalés, provoquant un climat de panique parmi les familles, sans faire de blessés. Par ailleurs, des forces israéliennes ont arrêté un enfant de 15 ans et mené des perquisitions dans plusieurs maisons à Hébron et dans les villages voisins, causant d’importants dégâts matériels. Dans un autre incident, des colons ont hissé le drapeau israélien sur un minaret de mosquée dans la région de Masafer Yatta, au sud d’Elkhalil, un acte qualifié de provocation par les habitants locaux.
Un climat de violence généralisé
La Cisjordanie occupée et El-Qods-Est connaissent une intensification des opérations militaires sionistes, combinant incursions, arrestations, tirs à balles réelles et violences de colons. Selon des données palestiniennes, depuis octobre 2023, les violences ont causé la mort d’au moins 1 155 Palestiniens, fait environ 11 750 blessés et conduit à l’arrestation de près de 22 000 personnes. Malgré les appels internationaux à la désescalade, les territoires palestiniens restent le théâtre d’une violence continue. À Ghaza comme en Cisjordanie occupée, les civils paient un lourd tribut dans un contexte marqué par la poursuite des opérations militaires, les tensions politiques et l’absence de mécanisme efficace de protection des populations. La situation demeure extrêmement volatile, avec un risque élevé d’escalade régionale si aucun cessez-le-feu durable et vérifiable n’est mis en œuvre.
M.S.















































