Le président américain Donald Trump a annoncé, hier à l’aube, la suspension temporaire de l’opération baptisée “Projet Liberté”, liée à la circulation des navires dans le détroit d’Ormuz. Cette décision intervient à peine 48 heures après le lancement de l’initiative militaire, officiellement destinée à libérer les navires bloqués dans cette zone hautement stratégique. Selon les déclarations du président américain publiées sur la plateforme Truth Social, cette suspension vise à “tester la possibilité de conclure un accord avec l’Iran”, tout en maintenant le blocus en vigueur. Trump affirme également que cette décision a été prise à la demande de plusieurs parties, dont le Pakistan, évoquant par ailleurs un “succès militaire considérable” dans le cadre de la confrontation avec Téhéran. L’opération, annoncée dans la nuit de dimanche à lundi et lancée lundi après-midi, n’a cependant pas atteint les résultats escomptés. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, l’avait d’ailleurs qualifiée de “projet d’impasse”. Des sources iraniennes ont indiqué que deux navires commerciaux américains, que Washington disait avoir fait transiter par le détroit, seraient toujours bloqués dans une zone rocheuse proche des côtes d’Oman, où les conditions maritimes empêchent toute manœuvre. De leur côté, des médias israéliens estiment que cette suspension traduit un échec opérationnel. Ils évoquent une intervention militaire de grande ampleur, impliquant trois porte-avions et 38 avions ravitailleurs, sans résultats concrets après 48 heures. Certains analystes considèrent que Trump aurait invoqué la médiation pakistanaise pour éviter d’apparaître en position de recul face à l’Iran. Le correspondant politique de la Chaîne 14 israélienne, Tamir Morag, a pour sa part qualifié cette décision d’“erreur”, estimant que toute négociation efficace avec Téhéran devrait s’inscrire dans un rapport de force plus marqué. Selon lui, ce choix pourrait être interprété comme un signal de faiblesse, suggérant que les pressions iraniennes dans la région ont porté leurs fruits. Dans le même temps, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que l’opération militaire, qu’il a qualifiée “d’épique”, avait atteint ses objectifs, tout en soulignant la préférence de Washington pour une solution diplomatique. Malgré ces déclarations, la situation sur le terrain semble inchangée. L’Iran continue de maintenir son contrôle sur le détroit d’Ormuz, démentant les affirmations américaines concernant la sécurisation du passage maritime. Cette voie reste cruciale pour le commerce énergétique mondial, ce qui confère à l’évolution de cette crise une importance géopolitique majeure. La suspension du “Projet Liberté” apparaît ainsi comme un tournant dans cette séquence tendue, entre démonstration de force militaire et tentative de reprise du dialogue diplomatique.
M. S.












































