Des centaines d’anciens responsables et diplomates de l’Union européenne ont appelé, hier, à une action urgente pour mettre fin à ce qu’ils qualifient d’« annexion illégale » menée par l’entité sioniste en Cisjordanie occupée. Dans une lettre ouverte adressée aux dirigeants européens, ils mettent en garde contre les conséquences d’un projet de colonisation stratégique susceptible de compromettre définitivement toute perspective de création d’un État palestinien viable. Au total, 448 anciens responsables européens ont signé cet appel, parmi lesquels l’ex-haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, et l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt. Les signataires exhortent l’Union européenne et ses États membres, en coordination avec leurs partenaires internationaux, à prendre des mesures immédiates pour dissuader l’entité sioniste de poursuivre ses politiques de colonisation. Dans leur lettre, ils insistent : « L’Union européenne et ses États membres doivent agir maintenant pour mettre fin à l’annexion illégale des terres palestiniennes en Cisjordanie ». Les inquiétudes européennes se concentrent notamment sur le projet dit E1, qui prévoit la construction de milliers de logements dans une zone stratégique à l’est d’El-Qods. Ce projet, s’il est mené à terme, fragmenterait la Cisjordanie en deux parties distinctes, compromettant la continuité territoriale d’un futur État palestinien. Les autorités israéliennes ont validé en août 2025 la poursuite de ce projet, avant de lancer, en décembre de la même année, un appel d’offres pour la construction d’environ 3 400 unités de logements sur une superficie de 12 km². Selon les signataires, de nouvelles étapes pourraient être engagées dès début juin, avec la publication de plans détaillés. Dans ce contexte, le ministre sioniste des Finances, Bezalel Smotrich, fervent partisan de l’annexion de la Cisjordanie, a déclaré que « l’État palestinien est effacé, non par des slogans, mais par des acte», appelant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à aller plus loin dans l’imposition de la souveraineté sioniste sur le territoire occupé. Face à cette situation, les signataires plaident pour l’adoption de sanctions ciblées contre les acteurs impliqués dans les activités de colonisation. Parmi les mesures proposées figurent des interdictions de visas ainsi que des restrictions commerciales au sein de l’Union européenne, notamment à l’encontre des entités participant à la mise en œuvre du projet E1. Ils soulignent également l’urgence d’agir avant la tenue du Conseil des affaires étrangères de l’UE, prévu le 11 mai, estimant que cette réunion constitue une échéance clé pour une prise de décision politique. Cet appel intervient dans un contexte de forte accélération de la colonisation israélienne. Selon des données de l’organisation israélienne « La Paix Maintenant », l’année 2025 a vu l’approbation de 54 nouvelles colonies, un chiffre record. Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel en 2022, plus de 100 colonies ont été autorisées. Par ailleurs, l’année 2026 est présentée comme un tournant, avec l’établissement ou la légalisation de plus de 100 colonies supplémentaires, auxquelles s’ajoutent environ 170 avant-postes agricoles. La Cisjordanie est occupée par Israël depuis 1967. Aujourd’hui, plus de 500 000 colons sionistes y vivent aux côtés d’environ trois millions de Palestiniens. Les colonies sont considérées comme illégales au regard du droit international par les Nations unies. Dans ce contexte, la poursuite de l’expansion coloniale alimente les tensions sur le terrain et réduit davantage les perspectives d’une solution politique fondée sur la coexistence de deux États.
M. S.












































