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CHAÎNES INTERMINABLES DEVANT LES BUREAUX DE POSTE : Un relâchement source d’inquiétude

Aujourd’hui, comme au début de la pandémie en Algérie, on assiste à un relâchement chez les citoyens, notamment les Algérois, qui ne respectent plus les mesures de prévention contre le Covid-19. Le constat était visible à travers les bureaux de poste.
Hier encore, la scène s’est répétée à Alger avec d’interminables chaînes des citoyens devant les bureaux de poste pour effectuer les opérations postales. Au cours d’une virée matinale faite à travers quelques bureaux de poste à Alger, à l’instar de l’agence de la Place des Martyrs et de celle de la Grande Poste, nous avons constaté un relâchement total et un laisser-aller chez les citoyens venus retirer leur argent, effectuer des virements et ou faire d’autres opérations.
Aucun respect de la distanciation sociale et pas de port de masque pour la majorité… sans oublier la ruée pour faire payer les chèques ou même récupérer la carte magnétique El-Dahabia. Sur les lieux nous constatons que la prise de conscience sur la dangérosité du Covid-19 est en baisse. Seul souci des usagers, « qu’ils rentrent et repartent chez eux » aussi vite que possible. Malgré les efforts des agents de bureaux de poste qui tentent d’organiser la foule à l’extérieur, les citoyens, eux, semblent « irresponsables », « inconscients », témoigne une dame rencontrée au bureau de poste de la place des Martyrs. «  Ce n’est pas la faute du personnel, les agents et tous les travailleurs ici font leur travail. Ils essayent même d’organiser la chaîne. Mais rien n’est fait, les gens sont  inconscients. D’ailleurs ils ignorent la gravité de la situation sanitaire et les résultats de leur comportement », regrette-t-elle. « Vous voyez, la majorité ne porte même pas de masques. Ils se bousculent pour rentrer », ajoute-t-elle avec amertume. C’est dire que la prise de conscience devrait être à nouveau réactivée pour éviter d’autres contaminations. Notre interlocutrice cite au passage les conséquences de l’ouverture de certaines activités commerciales qui a causé, selon elle, « l’augmentation du nombre de cas infectés. Mardi on a enregistré 190 cas ».
En effet, les Algérois ne semblent pas changer de comportement depuis le début de cette pandémie, où il a été décidé de rentrer dans une période de confinement en prenant des mesures barrières afin d’empêcher la propagation du coronavirus. On observe toujours un afflux important de citoyens devant les bureaux de poste. D’ailleurs, nous l’avions constaté au mois de mars passé, lors des retraits des pensions de retraite du 21 au 24 du mois. Les usagers ont marqué des chaînes interminables devant les agences postales, malgré les mesures prises par l’État, les consignes à suivre, ainsi que les assurances annoncées dans ce cadre pour limiter les déplacements des citoyens, notamment les plus âgés, afin d’empêcher la propagation à plus grande échelle de l’épidémie du coronavirus (Covid-19).
Seul point positif constaté, la priorité était pour les personnes âgées, femmes enceintes et toute personne vulnérable ou aux besoins spécifiques prenant en considération surtout la température et le jeûne.
En tout cas, à la deuxième semaine du mois de Ramadhan, il faudrait s’attendre à un rush vu l’approche de l’Aïd El Fitr. Une occasion qui n’empêchera surtout pas les Algériens de sortir. Au moment où le port des masques n’est pas obligatoire, ni la distanciation n’est contrôlée par les forces de l’ordre, les pires scénarios ne sont pas à écarter sauf si les autorités réagissent avant qu’il ne soit trop tard.
Par ailleurs, il est à rappeler que le ministre de la Poste et des Télécommunications, Brahim Boumzar, a insisté, jeudi passé, sur l’importance d’encourager l’utilisation du paiement électronique pour éviter les longues files d’attente devant les bureaux de poste, notant que la pandémie du nouveau coronavirus a dévoilé les lacunes émaillant le secteur. Le ministre a également appelé à intensifier les opérations de sensibilisation pour limiter les files d’attente et encourager les opérations à distance.
Sarah Oubraham