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Après Ormuz, Malacca ?

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T ous les regards sont portés sur le détroit d’Ormuz. Il doit son importance au passage de 20% du pétrole mondial. La Chine qui est le premier importateur de pétrole au monde suit de très près ce qui s’y passe depuis le 28 février dernier, jour de la guerre israélo-américaine contre l’Iran. Les différents rebondissements du détroit perturbent le marché mondial des hydrocarbures. Le prix des carburants grimpe impactant directement l’économie mondiale. Ce point est largement abordé, commenté par tous les médias internationaux. Un effet de contagion inattendu s’est produit mercredi dernier. « Le ministre indonésien des Finances, Purbayo Yudhi Sadiwa, a annoncé que son pays envisageait d’instaurer un système de péage pour les navires transitant par le détroit de Malacca » ont rapporté des médias internationaux. Pour l’heure ce n’est qu’un effet d’annonce. Il a tout de même réveillé plus d’un observateur sur ce passage vers l’Asie, c’est à dire la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde, le Pakistan. Des pays les plus densément peuplés du monde. La route la plus courte reliant le Moyen-Orient à l’Asie passe par le détroit de Malacca qui sépare l’Océan indien de l’Océan pacifique. C’est un détroit bordé par la Malaisie, l’Indonésie et Singapour et la Thaïlande. Des frictions récurrentes, notamment des litiges frontaliers, ont lieu entre l’Indonésie et la Malaisie. Cependant, ces deux pays majoritairement musulmans, font, jusque-là, des efforts pour privilégier le dialogue. Le passage des pétroliers par Malacca et plus important que celui d’Ormuz. Le premier représente 30% du commerce mondial de pétrole, tandis que celui d’Ormuz représente 20%. Chaque année, environ 90.000 navires franchissent le détroit de Malacca long de 900 km. Une partie de l’approvisionnement en pétrole de la Chine passe par ce détroit de Malacca. L’attention des Etats-Unis se fixe actuellement sur ce détroit pour porter atteinte au développement chinois. Sa fermeture serait également catastrophique pour l’économie mondiale déjà fortement perturbée. La Chine en est consciente depuis fort longtemps. C’est pourquoi pour son approvisionnement en gaz, la Chine a inauguré en 2009 un pipeline qui achemine du gaz jusqu’à Xinjiang en Chine depuis le Turkménistan via l’Ouzbékistan et le Kazakhstan. Une nouvelle ligne de ce gazoduc qui transiterait par le Kirghizistan en plus des trois autres pays de la première ligne est en projet. Ceci pour le gaz. Pour le pétrole, un autre moyen est en cours. Il s’agit d’un raccourci terrestre qui permet « de décharger le pétrole du Golfe au Pakistan, puis de le faire remonter par route ou pipeline vers le Xinjiang ». Toujours en prenant ses devants, la Chine a installé plus de capacités solaires que le reste du monde réuni. Toutes ces précautions ne règlent pas pour autant ce qui est appelé « le dilemme de Malacca ». Les Etats-Unis utilisent tous les moyens pour freiner le développement économique de la Chine. Le risque d’un conflit pour perturber le passage du détroit de Malacca, après celui d’Ormuz, est grand !
Zouhir Mebarki

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