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SONELGAZ BLOQUE LE COMPTE BANCAIRE DU COMPLEXE SIDER EL HADJAR : 5 800 sidérurgistes payent les pots cassés

Après avoir marqué une période d’accalmie, voilà que la crise refait surface au sein du complexe sidérurgique Sider El Hadjar d’Annaba. Jeudi dernier, un mouvement de contestation a été initié par la section syndicale du complexe et auquel ont pris part des milliers de travailleurs.

Selon plusieurs sources médiatiques, l’origine de ce mouvement serait la décision prise par le groupe Sonelgaz de geler le compte bancaire du complexe, en raison, a-t-on cité, d’un cumul de dettes de plus de 2,4 milliards de Da qui représentent la facture de consommation d’énergie électrique depuis près d’une année. Une décision qui risque d’avoir des conséquences directes sur le fonctionnement et la production de l’entreprise et d’emblée sur le versement des salaires. Pour parer à cette situation, les membres du bureau syndical et du conseil de participation auraient tenu une réunion importante pour tenter de trouver la solution adéquate en vue de mettre fin à cette crise. De leur côté, les responsables du Complexe ont résumé les conditions comme étant difficiles.
La direction de Sider El-Hadjar a assuré, à cet effet, que tous les ateliers fonctionnent et chacun doit faire de gros efforts pour relever le défi, rappelant que malgré les difficultés, l’institution a récemment réussi à se prendre en charge et a pu garantir le processus de production, les matières premières nécessaires, les pièces détachées et les salaires des travailleurs, en réglant certaines dettes. Il faut savoir que cette action intervient au moment où le haut-fourneau n°2 est à l’arrêt depuis une vingtaine de jours, tout autant que les unités en amont et en aval. Conséquence: une usine totalement à l’arrêt et les salaires de plus de 5800 sidérurgistes risquent de ne pas être versés à la fin de ce mois car les 130 millions de dinars dans le compte de Sider El Hadjar seront saisis par Sonelgaz. Pour rappel, le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, qui avait effectué une visite d’inspection des différentes unités de production du complexe en septembre dernier, avait déclaré en s’adressant aux dirigeants de l’entreprise qu’il n’était plus possible de continuer à compter sur les aides financières de l’état, en raison de la situation économique que traverse le pays.
Zeghdar avait rappelé, à cette occasion, que depuis sa création, le complexe Sider El Hadjar a bénéficié d’un important soutien financier et d’un accompagnement des pouvoirs publics pour lui permettre de répondre à ses besoins nécessaires au renouvellement et à la réhabilitation des équipements, ainsi qu’au suivi du développement des systèmes de production, et à la contribution à faire face à la demande croissante de produits sidérurgiques sur le marché national. Malgré ces efforts et indépendamment de certains résultats enregistrés, le ministre de l’Industrie avait souligné que le complexe n’a pas été à la hauteur des aspirations, car il n’a pas été en mesure d’améliorer sa position sur le marché national, et encore moins sur le marché régional et étranger, notamment la gestion et la stratégie de développement.
Ania Nch