Pannes d’idées, panne du tourisme, panne de l’économie…

Dans quelques jours, le coup d’envoi sera donné pour l’ouverture de la saison estivale. Comme l’année passée, elle aura lieu dans un contexte de récession financière. Mais pas que cela.
Sur les 200 milliards d’euros générés annuellement dans les pays du pourtour méditerranéen, l’Algérie ne récolte rien, ou peu s’en faut. La France, l’Italie, l’Espagne, la Grèce et la Turquie, par ordre d’importance, se partagent le gâteau ; L’Égypte, avec 9 millions de touristes, la Tunisie, entre 3 et 5 millions, et le Maroc, oscillant entre 2,5 et 3,5 millions de touristes raflent ce qui reste du pactole du tourisme méditerranéen. L’Algérie, pour la énième année consécutive, donne tous les signes d’en sortir bredouille. Si nos responsables considèrent comme une réalisation majeure que de capter 500 000 touristes/an, Il faut garder à l’esprit que 400 000 touristes sont le fait d’une seule ville touristique, comme Djerba ou Agadir, en Tunisie et au Maroc.
Il y a certes récession touristique, mais il y a surtout crise dans la production d’idées en matière de tourisme domestique. Si le contexte régional ne permet pas d’avoir des vues plus grandes que de mesure, alors il faut rester la mesure, celle de l’Algérie riche de son tourisme balnéaire et historique. On n’a pas vu encore un maire à Aïn Sefra tenter le « coup de séduction » d’Isabelle Eberhardt, ni un chef de daïra à Biskra proposer une visite guidée à la demeure d’André Gide, prix Nobel de la littérature, ni un wali à Tipasa rénover les lieux où déambulait Albert Camus, un autre Nobel. Le tourisme historique est ce que l’Algérie possède de mieux en ce moment, mais l’ingéniosité est en panne, et les idées font du sur place, pour ne pas dire du copié-collé.
Même en matière de copié-collé, on fait mauvais, car on peut s’inspirer de maires européens qui ont fait sortir leur ville de l’anonymat grâce à un concept habile ou à une idée ingénieuse qui a généré un afflux de visiteurs et fait générer un argent considérable.
Ce ne sont pas les infrastructures qui font le plus défaut, mais l’ingéniosité, le savoir-faire, les proconsuls et les bâtisseurs des villes…

F. O.