Porté à la tête de la Médiation de la République, il y a un peu plus d’un mois, pour insuffler une nouvelle dynamique au travail de cette instance, Mohamed Hattab a descendu, hier, pour la toute première fois, sur le terrain, pour jauger le niveau de réponse des autorités locales aux demandes et aux préoccupations des citoyens. Il faut d’abord rappeler que la Médiation de la République a été rétablie par le président Abdelmadjid Tebboune au début de 2020 Elle représente une interface entre l’État et les citoyens. Ces derniers, où qu’ils se trouvent, s’ils se sentent lésés par une autorité, un responsable ou un service local, peuvent déposer leurs requêtes sur la plateforme électronique : https://wassit.dz/fr. Ce canal fait remonter les informations de la base vers les hautes autorités du pays. Qu’est-ce qu’il est attendu de cette mission ? Le Président cherchait à faire sauter le verrou d’une bureaucratie qui broie les droits du citoyen. Le phénomène a gangrené l’administration, s’y est enraciné et a tué le service public. La mission avait ceci de noble de veiller sur les droits des citoyens placés au cœur de l’action du gouvernement : « Le citoyen doit être la priorité des priorités ! Il est l’alpha et l’oméga de la République ». Ces citations chères au chef de l’État témoignent de la place réservée au citoyen dans l’Algérie d’aujourd’hui. Six ans après sa réactivation, la Médiation de la République a fait du chemin. Même si ses activités ne sont pas ou moins médiatisées, il faut souligner que le gros travail de la Médiation se passe discrètement. Pour revenir à la visite de Mohammed Hattab en déplacement à Biskra, elle intervient à la veille des élections législatives qui vont se dérouler dans moins d’un mois. Le timing était si important que celui qui représente les yeux et les oreilles du Président entend prendre de court les responsables locaux. Surtout ceux qui candidataient en prévision du rendez-vous du 2 juillet 2026. En effet, en pareille conjoncture, les personnes ambitieuses semblent avoir la tête plus dans les joutes électorales que dans le registre des doléances citoyennes. L’occasion, pour Hattab, de rappeler que l’État ne le badine pas avec le service public et que le citoyen doit rester au cœur de l’action de l’administration et de l’élu. Sur place, Hattab l’a dit d’ailleurs, que l’instance du Médiateur de la République « s’efforce de faire du citoyen un partenaire important dans la prise de décisions. » Autrement dit, l’élection, aussi importantes soient les prochaines législatives, ne doit pas justifier comme priorité tout refus de recevoir un citoyen ou de répondre à sa demande en matière de service public. En d’autres termes, il faut aussi rappeler aux candidats que les fausses promesses et les engagements creux sont révolus. Il faut répondre au citoyen sur le terrain et par les actes.
Farid Guellil









































