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NOTRE VOISIN SANCTIONNÉ ET SOUS EMBARGO DE LA CEDEAO : L’Algérie vole au secours du Mali

Les pressions qui se sont abattues récemment sur le Mali, avec des sanctions sévères et un embargo imposés par les pays de l’Afrique de l’Ouest, ont donné à réfléchir à l’Algérie qui, en tant que chef de file de la médiation internationale et président du Comité de suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, intervient en faveur d’un dialogue avant que la situation ne viendrait à s’envenimer davantage pour notre voisin.

Au-delà de mettre en garde contre les conséquences fâcheuses de la décision de la Cédéao, l’Algérie est allée à la rescousse du Mali à travers une aide humanitaire consistant en des denrées alimentaires et des moyens médicaux de lutte contre la Covid-19.
Ainsi, nous apprend le ministère de la Défense nationale dans un communiqué, l’Algérie a expédié, hier, une aide humanitaire constituée de 108 tonnes de nourriture et 400 000 doses de vaccin anti-Covid-19, par étapes, vers le Mali et ce, dans le cadre de la solidarité de l’Algérie avec les pays voisins, indique un communiqué du ministère de la Défense nationale. Cette opération d’expédition et de transport de l’aide humanitaire s’est faite à la base aérienne de Boufarik, en 1ère Région militaire, à bord d’avions cargo militaires de l’armée de l’air algérienne en direction de l’aéroport de Bamako au Mali, précise la même source. Et cette opération n’est qu’un premier lot de l’aide humanitaire, fournie par le biais du Croissant rouge algérien au Croissant rouge malien. Celle-ci consiste précisément en l’envoi de 23 tonnes de nourriture et de 300 000 doses de vaccin anti-Covid-19. Par ce geste, l’Algérie ne fait qu’exprimer son élan de solidarité envers le voisin du sud qui traverse une période difficile. Il s’agit pour le MDN de « renforcer les liens d’amitié et de coopération entre les deux peuples frères algérien et malien ».
Depuis notamment le 9 janvier dernier lorsque la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest a décidé des mesures de sanction et imposé un embargo à l’encontre du Mali. Notamment, le rappel des ambassadeurs des pays de la Cédéao, la fermeture des frontières maliennes avec les pays membres de l’organisation, le gel des actifs maliens au sein de la Banque centrale de la Communauté, la coupure des aides financières et la suspension des transactions sauf à l’exception des produits pharmaceutiques et de première nécessité.
Deux jours plus tard, l’Algérie, par la voix du président Tebboune lui-même, a réagi en appelant au dialogue entre le Mali et la Cédéao. Au-delà d’intervenir au profit du pays voisin, l’Algérie, en sa double qualité de chef de file de la Médiation internationale et Président du Comité de suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, l’Algérie a mis en garde contre « les conséquences politiques, sécuritaires et économiques que peut avoir toute transition longue telle que celle envisagée par la partie malienne ». Tout comme elle a plaidé en faveur d’un dialogue « serein et réaliste avec la CEDEAO » à l’effet d’aboutir à « un plan de sortie de crise  qui tienne compte des exigences internationales et des aspirations légitimes du peuple malien, ainsi que des facteurs endogènes liés aux dynamiques nationales maliennes ».
Cette position de médiation de l’Algérie, comme elle en excelle dans un domaine où elle dispose d’une longue et laborieuse expérience, lui a valu la reconnaissance et les salutations du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Réuni le 14 janvier dernier, le CPS s’est en effet « félicité de la proposition de l’Algérie d’accompagner la République du Mali et la CEDEAO sur la voie salutaire de la compréhension mutuelle ». L’instance africaine a même adopté l’initiative du président de la République algérienne, en appelant, elle aussi, les autorités de transition au Mali et la CEDEAO à s’engager « ensemble dans cette initiative afin de traiter les points de divergence en suspens en vue de faciliter le retour du Mali à l’ordre constitutionnel dans un délai approprié et réalisable, ne dépassant pas seize (16) mois ».
Farid Guellil