La saveur de l’Aïd el-Fitr…

Il est un signe des temps qui ne trompe pas : celui de l’Aïd el-Fitr. Journée à nulle autre pareille par ce qu’elle introduit comme cohésion sociale, union familiale et joie des enfants, cette fête sacrée des musulmans perd chaque année un peu plus de sa saveur.
Les signes extérieurs sont là, sous nos yeux, pour nous le confirmer. Villes mortes, commerces fermés, absence de transports, visages renfrognés, etc.
C’est peut-être dû à la récession financière, qui a déteint sur la capacité des gens à vivre ce jour sereinement.
Les longs jours de Ramadhan, émaillés d’achats tout aussi dispendieux, suivis d’chats de vêtements pour les enfants, ont troué les poches des ménages.
Mais ce n’est pas suffisant comme motifs, car même les chamailleries des gamins et les chicanes des fillettes sont devenues au fil des années de plus en plus discrètes.
Les gens sourient de moins en moins, se plaignent de plus en plus. Le monde matériel et sa cohorte de soucis quotidiens est entré dans les cœurs en force, forçant le savoir-vivre à l’abdication pure et simple…
I. M. Amine