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SÉCURITÉ DES INSTALLATIONS CLASSÉES À RISQUES : Les textes de loi sont-ils respectés ?

Une explosion de gaz est survenue, hier matin, sur un tronçon de gazoduc à proximité du village de Benaouali, commune de Zahana, dans la wilaya de Mascara.

La veille, un incident majeur, suivi d’un feu important,  a été enregistré, sur un transformateur électrique à Khemis Miliana (wilaya de Ain Defla), sans faire de blessés, a indiqué un communiqué du groupe Sonelgaz.  Ces incidents qui n’ont, heureusement pas fait de victimes,  remettent  sur le tapis le débat sur la sécurité des installations industrielles, notamment celles classées à risque. En effet, la sécurité des installations classées, devrait constituer une priorité car depuis l’incident survenu le 20 janvier 2004, GL1K de Skikda, qui avait fait 23 morts et 73 blessés, la nécessité d’un contrôle, périodique,  rigoureux des installations a été rappelée dans les conclusions de la commission d’enquête installée après le drame. Quelques années plus tard, l’unité d’enfûtage de Sidi R’zine dans la commune de Baraki, dans la wilaya d’Alger, a été soufflée par une explosion (16 septembre 2018) qui avait fait trois morts parmi les automobilistes qui empruntaient la route qui longe le centre de remplissage de bonbonnes de gaz. Une année plus tard, le 1 juillet 2019, un accident suivi d’un incendie s’était produit au niveau du terminal GL1Z d’Arzew faisant deux blessés.
Mais ce qui frappe le  plus, ces dernières années sont les incidents relevés sur les installations de transport de gaz. Le 10 octobre dernier une explosion survenue sur une conduite de gaz à El- Bayadh, avait fait cinq morts et 16 blessés. L’origine du drame, des travaux de fouille réalisés par une entreprise sur une partie de la ville où passe une conduite de gaz de ville de moyenne pression et dont le tracé ne figurait pas sur les plans remis, à l’entreprise dont les travaux ont été à l’origine de l’accident. Cet indicent survenu dans une zone urbaine avait renvoyé ceux dont l’enquête avait établi la responsabilité dans les faits, devant un tribunal ne semble pas avoir poussé les décideurs, surtout locaux, à dresser avec les services de la Sonelgaz et la Sonatrach, un schéma, des conduites, notamment celles qui passent par les zones urbaines. Les incidents de Mascara et Ain Defla devraient susciter une réaction immédiate des décideurs pour faire le point sur l’état des installations et des infrastructures, notamment celles implantées dans les zones à forte concentration humaine.
Des activités classées dans les zones urbaines Les textes de loi définissant les installations et les acticités à risques dans les zones urbaines et d‘habitation existent, mais ce qui frappe c’est qu’ils sont souvent ignorés. Certaines communes se limitent à une simple enquête commodo et incommodo pour délivrer des autorisations pour la réalisation d’unités industrielles certaines présentant non seulement de pollution mais aussi de sécurité pour leur voisinage. Il y’a quelques mois, des habitants de Bethioua s’étaient opposés à la réalisation d’une unité de conditionnement et de fabrication de peintures qui devaient être implantés en plein centre-ville. Leur action a permis de geler les travaux, mais à ce jour, et selon plusieurs sources, l’autorisation accordée au promoteur du projet, n’a pas été annulée. En Europe, depuis l’incident survenu à Seveso en Italie, le 10 juillet 1976, l’UE, a intensifié la prévention contre les risques que présentent les sites classés sensibles. Le 10 juillet 1976, l’usine de la société Icmesa, qui produit un désherbant, a connu une fuite d’un nuage toxique de dioxine et désherbant, cancérigène et tératogène,  utilisé par l’armée américaine dans la fabrication de l’agent orange utilisé au Vietnam. L’incident qui avait fait 20 blessés a entrainé l’évacuation, pendant plusieurs jours, de prés de 15.000 personnes. Depuis l’Union européenne a  renforcé son arsenal de prévention en instituant la norme Seveso, notamment la directive Seveso 2 du 4 juillet 2012, qui insiste sur la sécurité des installations classées à risque et implantées dans les zones d’habitation. Qu’en est-il chez nous où chacun peut lancer n’importe quelle activité, aussi dangere use ou polluante soit-elle dans un quartier résidentiel sans être inquiété ?
Slimane B.