Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a rencontré, samedi à Oxford, des membres de la communauté académique et scientifique algérienne établie au Royaume-Uni.
Cette rencontre s’est tenue, en marge du lancement officiel de la Chaire Émir Abdelkader, inaugurée la veille au Centre pour les études islamiques de l’Université d’Oxford. En présence du Recteur de Djamaâ El-Djazaïr, Cheïkh Mohamed Maamoun Al-Kacimi Al-Hoceïni, le ministre a mis en avant la portée symbolique et scientifique de cette nouvelle chaire universitaire, voulue par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, comme un espace de rayonnement de la mémoire nationale et des valeurs portées par l’Émir Abdelkader. Au cours de son intervention, Baddari a réaffirmé l’importance accordée par les pouvoirs publics à la mobilisation des compétences nationales établies à l’étranger. Il a souligné que la stratégie de l’État vise à renforcer les liens avec la diaspora scientifique et à créer des passerelles durables entre les chercheurs algériens du monde entier et les institutions nationales. Selon le ministre, la contribution des universitaires algériens exerçant à l’étranger constitue un atout majeur pour accompagner la transformation de l’enseignement supérieur en Algérie. Il a rappelé que le secteur œuvre actuellement à bâtir une université moderne, innovante et créatrice de richesse, capable de jouer un rôle moteur dans le développement économique du pays. Kamel Baddari a également présenté les principaux axes de la réforme engagée dans le secteur, mettant l’accent sur la nécessité de renforcer les synergies entre la recherche scientifique, l’innovation et l’économie nationale. Dans cette perspective, il a insisté sur l’intégration de la communauté académique de la diaspora dans les projets de modernisation de l’université algérienne. Cette démarche vise notamment à favoriser les échanges scientifiques, le transfert de savoir-faire et la valorisation des compétences algériennes à l’international. Le ministre a indiqué que l’objectif est de faire de l’université un véritable levier de croissance, capable de produire des connaissances, de soutenir l’entrepreneuriat innovant et de contribuer à la diversification de l’économie nationale. Parmi les annonces majeures faites lors de cette rencontre figure le projet de création d’un Conseil de la communauté scientifique algérienne dans la diaspora. Cette future structure aura pour mission de renforcer les liens entre les chercheurs expatriés et leur pays d’origine. Elle devra servir de cadre institutionnel pour organiser la contribution des compétences algériennes établies à l’étranger aux grands projets de développement national. Selon le ministre, ce conseil constituera un « trait d’union avec la mère patrie » et permettra de mieux canaliser les initiatives de coopération scientifique, technologique et économique émanant de la diaspora.
Recherche, mentorat et transfert technologique
Les discussions ont porté sur plusieurs mécanismes susceptibles de renforcer la participation des chercheurs algériens du Royaume-Uni à la dynamique scientifique nationale. Les participants ont notamment évoqué le développement de programmes de mentorat destinés aux étudiants et jeunes chercheurs, l’encadrement de thèses de doctorat en cotutelle ainsi que la mise en œuvre de projets de recherche collaboratifs. La question du transfert d’expertise technologique a également occupé une place importante dans les débats. Les universitaires présents ont souligné l’importance de créer des passerelles plus efficaces entre les laboratoires de recherche algériens et les centres d’excellence internationaux. Dans ce contexte, M. Baddari a réitéré l’engagement du gouvernement à faciliter l’intégration des compétences de la diaspora dans l’écosystème national de l’innovation. Il a annoncé la mise en place de mesures destinées à améliorer l’accès des chercheurs expatriés aux plateformes numériques de recherche algériennes, tout en encourageant leur participation aux projets d’investissement, aux startup et aux initiatives entrepreneuriales développées dans le pays. Cette orientation s’inscrit dans la volonté des autorités de faire de la diaspora un acteur central du transfert de connaissances, de technologies et de bonnes pratiques vers l’Algérie.
Un accueil favorable de la communauté scientifique
De leur côté, les universitaires et chercheurs algériens présents à Oxford ont salué cette initiative, estimant qu’elle constitue une occasion privilégiée pour exprimer leurs préoccupations et partager leurs visions concernant l’avenir de l’enseignement supérieur en Algérie. Les participants ont manifesté leur disponibilité à contribuer activement au développement de l’université nationale et à accompagner les réformes engagées dans le secteur. Ils ont également mis en avant les progrès réalisés ces dernières années et les réformes structurelles qui favorisent une plus grande ouverture de l’université algérienne sur son environnement scientifique international. Cette rencontre confirme ainsi la volonté des autorités algériennes de renforcer l’implication de la diaspora scientifique dans les projets nationaux et de consolider les passerelles entre les compétences établies à l’étranger et les institutions académiques du pays.
M. Seghilani













































