Rached Ghannouchi

RETRAIT DE CONFIANCE AU PRÉSIDENT DU PARLEMENT TUNISIEN GHANOUCHI : Un vote secret et sans discussion ce jeudi

Le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi, est finalement arrivé à accepter la motion de retrait de confiance qui le concerne, présentée par 73 députés et qui sera votée, jeudi prochain, soit la veille des fêtes de l’Aïd El-Adha.

L’annonce de l’acceptation du patron du mouvement islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi a été rapportée par l’agence de presse tunisienne, TAP, indiquant que celui-ci a déclaré qu’« Il était possible de recaler la motion quant à la forme, mais j’ai accepté le défi en signe de respect à la volonté de 73 députés », car a-t-il poursuivi « leur nombre n’est pas négligeable », a justifié Ghannouchi.
À l’issue de la réunion du bureau de l’ARP qui s’est déroulée en présence de tous ses membres (13 membres), Ghannouchi a déclaré à la presse que « la motion a fait l’objet d’un consensus entre les membres du bureau sans procéder à un vote pour la faire passer en séance plénière jeudi prochain ». Poursuivant ses déclarations sur la motion en question, le patron d’Ennahda a avancé qu’ « il était possible de recaler la motion quant à la forme, mais j’ai accepté le défi en signe de respect à la volonté des 73 députés, car leur nombre n’est pas négligeable », a-t-il justifié avant de préciser que « la décision a fait l’objet d’un consensus entre 13 députés loin de la logique de prédominance ». Affirmant qu’il n’était pas contrarié par cette question, qui sera pour lui et ses détracteurs l’occasion pour réévaluer le poids qu’il a, non seulement dans sa présidence du Parlement tunisien mais aussi sur l’échiquier des acteurs politiques de la scène tunisienne, lui qui a été fortement critiqué sur sa gestion, non seulement de son parti mais aussi de son statut de président du Parlement tunisien. Le patron du parti islamiste après avoir porté main forte au président turc dans sa position en direction de la situation en Libye, a surpassé ses prérogatives de président de l’Assemblée parlementaire, et la Constitution du pays, laquelle stipule que la politique étrangère du pays est exclusivement du ressort du président de la République. Difficile en effet pour Ghannouchi de séparer ses missions et son rôle dans l’organisation internationale des Frères musulmans et la gestion d’une Institution de l’État, la première étant la priorité, dans la plupart des cas, des partis de la mouvance islamiste, dans le monde arabe. Usant de déclarations qui, depuis notamment ces dernières années, au vue des décantations en cours sur la scène arabe en général, sur fond de l’impact des changements dans les rapports internationaux, après plus de 10 ans de situation complexe et souvent dramatique, dans des pays (Irak, Syrie, Libye, Yémen, etc.) dans le sillage de l’avènement de la démocratie, dans ces pays, Ghannouchi a déclaré : « je n’ai pas débarqué sur un char mais j’ai été choisi par mon parti et j’ai été élu au Parlement par des électeurs tunisiens et à la tête du Parlement par des députés », s’est-il défendu. Concernant la séance parlementaire consacré au vote de la motion de retrait de confiance à Ghannouchi, président de l’ARP, le vote sera un vote secret et sans discussion, conformément au règlement intérieur du parlement tunisien.
Karima B.