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BRAHIM GHALI DÉNONCE, DANS UNE LETTRE AU SG DE L’ONU, LES GOUVERNEMENTS QUI CAUTIONNENT L’OCCUPATION DU SAHARA OCCIDENTAL : « Les complices du Maroc sont aussi coupables »

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Le président de la République arabe sahraouie démocratique, Brahim Ghali a dénoncé, dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dans des termes virulents, les gouvernements qui appuient l’expansionnisme marocain et sa colonisation des territoires de la RASD.  
«Je vous adresse cette lettre pour exprimer ma plus ferme condamnation des déclarations irresponsables et inexactes faites récemment par certains gouvernements, qui cherchent à jeter de la poudre aux yeux pour masquer les faits sur le terrain au Sahara occidental occupé et détourner l’attention de la guerre d’agression continue menée par l’État occupant marocain contre le peuple sahraoui depuis octobre 1975 », a-t-il indiqué dans sa correspondance adressée au SG de l’ONU. Il soulignera que ces gouvernements se font les complices des manœuvres marocaines pour priver le peuple sahraoui de disposer librement de son sort comme le garantit la légalité internationale. « En plus de diffuser des fausses informations, d’inventer des mensonges et d’utiliser de faux récits comme arme, ces déclarations constituent une violation flagrante du statut international du Sahara occidental en tant que question de décolonisation inscrite à l’ordre du jour des Nations unies depuis 1963. Elles constituent également une incitation directe pour l’État occupant marocain à poursuivre la consolidation de son occupation illégale de notre pays par la force et à réprimer notre peuple, le privant de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance », a-t-il souligné.  M. Brahim Ghali fera remarquer que ces gouvernements se font l’allié de l’armée coloniale. « L’histoire est impitoyable, les gouvernements qui ont participé à la « Marche Noire » marocaine en 1975 et ont fourni des armes et des financements à l’État occupant pour envahir et occuper le Sahara occidental sont matériellement complices des crimes commis contre le peuple sahraoui et portent une responsabilité égale dans la prolongation et l’aggravation du conflit, ainsi que dans la mise en péril de la paix et de la sécurité régionales ». Il détricotera le scénario d’un prétendu cessez-le feu élaboré par le Maroc et ses alliés en affirmant que : « ceux qui prétendent qu’il y a maintenant un « cessez-le-feu » au Sahara Occidental se trompent eux-mêmes et induisent la communauté internationale en erreur. L’État occupant marocain a violé le cessez-le-feu de 1991 le 13 novembre 2020, lorsque ses forces ont illégalement occupé davantage de territoires sahraouis et ont construit — comme vous l’avez mentionné dans votre rapport (S/2021/843, paragraphe 35) — un nouveau mur de sable d’environ 20 kilomètres à Guerguerat », et ont renforcé leur présence sur une superficie d’environ 40 kilomètres carrés de terres à l’intérieur de la zone tampon ». C’est également l’État occupant qui a déclaré avec défi que ses opérations à Guerguerat étaient « irréversibles », ce que vous avez également souligné dans votre rapport (S/2021/843, paragraphe 23).

Il n’y a plus de cessez-le-feu en vigueur entre le Maroc et la RASD
M. Ghali met ainsi les Nations unies et la communauté internationale devant leurs responsabilités. « En outre, le Conseil de sécurité, dans ses résolutions de 2021 à 2024, a noté avec une vive inquiétude l’effondrement du cessez-le-feu. Vos rapports et les résolutions du Conseil de sécurité confirment qu’il n’existe actuellement aucun accord de cessez-le-feu qui puisse être respecté ou rétabli, comme le prétendent faussement ces déclarations. La vérité incontestable est que depuis que l’État occupant marocain a violé, en toute impunité, l’accord de cessez-le-feu de 1991 et les accords militaires connexes le 13 novembre 2020, il n’y a plus d’accord de cessez-le-feu en vigueur entre l’armée sahraouie et les forces d’occupation marocaines. Ce qui existe maintenant est un état de guerre ouverte déclenché par l’État occupant marocain, qui en assume seul la responsabilité des conséquences. Cet acte d’agression commis par l’État occupant marocain a contraint le peuple sahraoui à exercer son droit à la légitime défense et à la résistance à l’occupation, un droit bien établi et consacré par les résolutions pertinentes des Nations unies, y compris les résolutions de l’Assemblée générale 2983 (XXVII) du 14 décembre 1972 et 34/37 du 21 novembre 1979, entre autres », a-t-il noté. Le président de la République arabe sahraouie démocratique, rappellera dans sa lettre adressée à M. Antonio Guetteres que tous vos rapports (S/2022/733), (S/2023/729), (S/2024/707) et (S/2025/612) sur la situation concernant le Sahara occidental, soumis au Conseil de sécurité respectivement en 2022, 2023, 2024 et 2025, font état de dizaines de frappes aériennes et autres menées par les forces marocaines qui ont causé des victimes civiles et des dommages matériels. Ces cas ne représentent que ce que la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) a pu documenter.

Les alliés du Maroc sont les complices de ses crimes
Cependant, il est indéniable que les forces d’occupation marocaines, depuis leur violation du cessez-le-feu le 13 novembre 2020, ont constamment utilisé toutes sortes d’armes mortelles, y compris des drones, pour tuer des dizaines de civils innocents de sang-froid, non seulement du Sahara occidental, mais aussi d’Algérie et de Mauritanie, ainsi que des ressortissants d’autres pays lors de leur passage à travers les territoires sahraouis libérés ».  Il accusera par ailleurs le Maroc et ses alliés de crimes contre l’humanité passibles de poursuites devant la Cour pénale internationale en affirmant ; « le ciblage délibéré de civils et de biens civils est une règle juridiquement établie, car il constitue un crime de guerre conformément au Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Il constitue également une violation des règles du droit international humanitaire applicables aux conflits armés internationaux. Par conséquent, l’État occupant marocain doit être condamné dans les termes les plus fermes et tenu responsable de ses crimes continus contre les civils au Sahara occidental ». il dénoncera le silence des gouvernements , aujourd’hui du Maroc devant le ciblage des civils. « Pourtant, nous n’avons jamais entendu aucun de ces gouvernements élever la voix pour condamner les forces d’occupation marocaines pour avoir ciblé et tué des civils et détruit des biens civils au Sahara occidental. La contradiction flagrante dans les déclarations récentes de ces gouvernements est absolument indéfendable, ni moralement ni politiquement.
Ceux qui se soucient sincèrement de la stabilité de l’Afrique du Nord doivent comprendre qu’une paix juste et durable dans notre région ne peut jamais être obtenue en récompensant l’État occupant marocain pour son expansionnisme et ses tentatives de modifier les frontières par la force, ni en soutenant sa « proposition » coloniale. Elle ne peut être obtenue qu’en défendant le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, car c’est la seule voie efficace vers une paix juste et durable ».
C’est un véritable rappel adressé au Secrétaire général des Nations unies, une organisation censée défendre le droit international et mettre en œuvre les résolutions de son Conseil de sécurité, aujourd’hui ignorées par l’occupant Marocain qui s’évertue à faire perdurer la situation de statu quo, avec la bénédiction de certaines anciennes puissances coloniales que le président de la RASD considère comme les complices des crimes coloniaux que subit depuis 1975 le peuple sahraoui.
Slimane B.

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