Turquie

L’OPÉRATION DE RAPATRIEMENT A DÉBUTÉE HIER : Fin de calvaire pour 1 788 Algériens bloqués en Turquie

Un nombre de 1 788 ressortissants algériens disposant de documents et de titres de voyage, qui étaient bloqués à Istanbul, en Turquie, en raison de la fermeture de l’espace aérien due à la pandémie du coronavirus, seront rapatriés, a indiqué jeudi dernier le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales dans un communiqué.

Touristes, étudiants, enseignants universitaires en stage, personnes de professions libérales, pour certains la situation financière devenait compliquée, l’opération de rapatriement de ces ressortissants, qui a débuté vendredi, se terminera demain 5 avril, selon un planning des vols organisés par les deux compagnies aériennes, Air Algérie et Turkish Airlines. Le premier vol programmé devait atterrir hier à 18h. À leur arrivée à l’aéroport international Houari Boumediene d’Alger, ces ressortissants seront accueillis par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, et du ministre des Travaux publics et des Transports, Farouk Chiali. Les ressortissants algériens seront placés immédiatement en quarantaine à leur arrivée sur le sol algérien, dans le cadre des mesures prises par les autorités du pays pour endiguer la propagation du Covid-19.

Des les hôtels réservés pour le confinement
À cet effet, des structures d’accueil dont des hôtels, des complexes touristiques se trouvant dans les wilayas d’Alger et de Boumerdès, ayant une capacité totale de 1 930 places, ont été réquisitionnés pour assurer la meilleure prise en charge de ces personnes, a fait savoir le ministère de l’Intérieur. Plusieurs hôtels privés et publics ont été mobilisés pour la mise en quarantaine des ressortissants algériens évacués de la Turquie, une mesure visant à enrayer la propagation du Covid-19, a expliqué, jeudi dernier, dans un communiqué, le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial. « Dans le cadre de la poursuite du rapatriement des algériens bloqués à l’étranger décidée par les Hautes autorités du pays, il sera procédé les 3 et 4 avril 2020 (vendredi et samedi) au rapatriement de 1 788 citoyens depuis Istanbul, suite à la fermeture des frontières aériennes pour juguler la propagation de cette pandémie », a précisé la même source. Pour ce faire, le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial a mobilisé plusieurs hôtels privés et publics au niveau des wilayas d’Alger et de Boumerdès pour la mise en quarantaine de ces ressortissants.
Les voyageurs seront répartis comme suit: 740 citoyens au niveau de l’Hôtel Mazafran à Zéralda, 790 citoyens au niveau des Hôtels El-Marsa et El Riadh, du Complexe touristique de Sidi-Fredj H3, de l’hôtel AZ et du Complexe touristique de ADIM, 258 citoyens au Centre de thalassothérapie à Sidi-Fredj et à l’Hôtel de l’aéroport à Dar El Beida.

L’autre engagement tenu du Président
Mardi dernier, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait évoqué le cas complexe de ces Algériens qui se sont retrouvés bloqués à l’aéroport international d’Istanbul depuis le 17 mars dernier, annonçant que « dans deux ou trois jours, nous entameront le rapatriement de ces ressortissants, graduellement suivant la libération des structures réservées à la mise en quarantaine ». « Cette procédure concernera, au début, les familles en attendant la vérification de l’identité d’autres personnes », avait-il déclaré, lors d’une entrevue avec des représentants d’organes de presse nationaux, diffusée sur la Télévision publique.
Il avait rappelé que « l’Algérie avait déjà organisé, les 20 et 21 mars dernier, en dépit de la fermeture de l’espace aérien, des opérations de rapatriement de 1800 citoyens à partir de la Turquie ». Aux ressortissants algériens qui s’étaient déjà déclarés au départ, ayant des documents justifiant leur séjour en Turquie et des réservations de vols pour le retour, s’ajoute désormais une nouvelle catégorie, dont le nombre est passé graduellement à 1 850, sans titre de voyage, mais qui souhaitent bénéficier de ces mesures exceptionnelles de rapatriement. La situation reste compliquée et interpelle la vigilance des autorités algériennes, d’autant plus que la Turquie est réputée ces deniers temps pour être la plaque tournante de recrutement des djihadistes activant en Syrie, en Irak et en Libye. « L’État n’abandonnera aucun Algérien, néanmoins nous agirons d’une manière organisée pour ne permettre aucune infiltration », avait insisté le président de la République. Depuis le début de la crise sanitaire due au coronavirus, ce sont plus de 8000 Algériens qui ont été rapatriés depuis plusieurs pays du monde.
Hamid Mecheri