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L’Algérie mène la danse

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L’Algérie et la France renouent avec le dialogue dans le but de recoller, au stade où nous en sommes, les morceaux volés en éclats d’une relation qui a frôlé la rupture. Il faut d’abord replacer les choses dans leur contexte. La crise diplomatique entre les deux pays a commencé fin juillet 2024 avec le soutien déclaré du président Emmanuel Macron au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental. Cette première provocation a ouvert la voie à tous les extrémistes, aigris et racistes d’une droite haineuse et revancharde à l’égard de l’Algérie. La cascade d’actes hostiles et d’attaques en règle dirigés depuis l’Hexagone contre l’Algérie traduisait une chose : un malaise dans lequel s’étaient empêtrés ceux qui se nourrissent du complexe du colonisateur. Car l’Algérie d’aujourd’hui ne se laisse plus faire devant les atteintes à sa souveraineté et les immixtions dans ses affaires intérieures. Bref, le temps et l’espace ne nous permettent pas de tout ressasser. Depuis janvier 2026, une nouvelle page commence à s’ouvrir pour les deux pays. Les tensions ont baissé après l’ébauche d’une initiative de réconciliation menée par la présidente de l’Association France–Algérie, Ségolène Royal. Une figure politique française qui a la cote chez nous à cause du respect qu’elle voue à notre pays. La reprise des canaux diplomatiques a été actée. En même temps, Macron a dépêché ses ministres, qui se sont succédé l’un derrière l’autre, en Algérie, où la coopération a été reprise dans ses volets sécuritaire, migratoire et, depuis quelques jours, sur le plan judiciaire. Les choses semblent aller dans la bonne voie. Pour autant, il est encore tôt pour parler d’une reprise normale des relations. Car les engagements pris des deux côtés, comme par exemple la restitution de l’argent détourné de l’Algérie vers la France, doivent être honorés. À ce stade, il faut admettre les efforts de Paris qui s’est résignée à l’idée de répondre à une demande algérienne légitime. Les engagements côté français sont désormais à l’épreuve. Le gouvernement français a-t-il enfin décidé d’admettre la nouvelle réalité algérienne ? Le gouvernement de Macron a-t-il tourné définitivement le dos aux responsables et dirigeants politiques de l’extrême droite qui promettent l’enfer et prônent la fermeté à l’égard de l’Algérie ? Les autorités françaises ont-elles fini par admettre que la tutelle sur l’Algérie est révolue et que le chantage et les provocations à son égard ne portent plus ? En France, en tout cas, et à présent, les voix racistes sont inaudibles. Retailleau et consort ne ciblent plus l’Algérie, mais le gouvernement français qui, selon eux, s’était « couché » et avait « plié » face à l’Algérie. Alors qui, de l’Algérie ou de la France, a eu le dernier mot ? Aux observateurs et aux spécialistes de nous dire qui des deux pays a gagné le bras de fer !
Farid Guellil

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