Les instances palestiniennes ont mis en garde contre les conséquences d’une décision sioniste visant à procéder à l’évacuation de la communauté bédouine de Khan al-Ahmar, à l’est d’El qods occupée, après la signature par le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, d’ordres relatifs au déplacement de ses habitants. Une mesure perçue par les responsables palestiniens comme s’inscrivant dans un projet d’expansion des colonies visant à séparer le nord de la Cisjordanie de son sud et à renforcer le contrôle sioniste sur El qods occupée.
Le président de l’Autorité de résistance au mur et à la colonisation, le ministre Moayyad Shaaban, a qualifié la décision d’évacuation de Khan al-Ahmar de « grave escalade » dans la politique de déplacement forcé menée, selon lui, par les autorités sionistes à l’encontre des Palestiniens. Il estime que cette décision reflète la volonté du gouvernement sioniste de poursuivre ses projets d’annexion et d’expansion coloniale, en imposant des faits accomplis sur le terrain. Selon lui, la communauté de Khan al-Ahmar s’inscrit dans un projet colonial stratégique de long terme visant l’est d’El qods. Ce plan chercherait à créer une continuité territoriale des colonies afin de couper la Cisjordanie en deux entités distinctes, compromettant ainsi toute possibilité d’un État palestinien viable et géographiquement continu. Il a également rappelé que Khan al-Ahmar est devenu, au fil des années, un symbole de la résistance palestinienne face aux politiques d’expulsion et de déplacement, ainsi qu’un exemple des conséquences du projet de colonisation sioniste. Cette situation expliquerait, selon lui, les tentatives répétées d’évacuation malgré les oppositions internationales et les avertissements juridiques et humanitaires. Le responsable palestinien a souligné que la Cour pénale internationale (CPI) considère le déplacement forcé lié à ce type de mesures comme un crime de guerre, rappelant que la politique de colonisation et de transfert de population constitue une violation grave du droit international humanitaire, notamment de la quatrième Convention de Genève. Il a mis en garde contre le fait que l’exécution de cette décision pourrait accélérer l’expulsion d’autres communautés palestiniennes dans les environs d’El qods et dans la vallée du Jourdain, dans le cadre d’un plan visant à remodeler la géographie de la Cisjordanie occupée au profit de l’expansion coloniale. De son côté, le mouvement Hamas a dénoncé l’ordre donné par Smotrich, le qualifiant de « nouveau crime » contre les Palestiniens en Cisjordanie et à El qods-Est occupées. Le mouvement affirme que ces politiques s’inscrivent dans un projet visant à diviser la Cisjordanie, isoler El qods et renforcer le contrôle israélien sur les territoires occupés. La résistance palestinienne estime que la confiscation des terres et la construction de milliers de nouvelles unités de colonisation constituent une forme de « nettoyage ethnique systématique », menée sans réaction internationale suffisante. Le mouvement appelle ainsi la communauté internationale et les Nations unies à sortir de leur silence et à demander des comptes aux responsables sionistes. Enfin, la résistance considère que l’escalade des menaces et des mesures contre l’Autorité palestinienne impose, selon lui, une unification des rangs palestiniens et l’adoption d’un « programme de résistance réel » face aux politiques sionistes en Cisjordanie, à Jérusalem et dans la bande de Ghaza.
M. S.
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