Pomme de terre

LE PRIX DE LA POMME DE TERRE DÉPASSE LES 100 DA LE KILO : Quand les spéculateurs agissent de leur plein gré

En dépit de la disponibilité de ce produit de large consommation, son prix dépasse aujourd’hui le seuil des 100 da.
Une hausse inexpliquée et maintenue depuis plusieurs semaines, devant une absence quasi-totale de mesures rigoureuses et efficaces permettant de mettre fin à cette œuvre qui n’est que celle de spéculateurs devant qui le champ reste libre. Alors que la hausse des prix a touché quasiment à tous les produits connus pour être très sollicités par les consommateurs, celle-ci n’a pas épargné des produits qui sont même produits en Algérie et à grande échelle telle que la pomme de terre. Fixé pourtant à pas plus de 50da,  le prix de la pomme de terre a atteint aujourd’hui le double, voire même dépassé le seuil des 100da dans plusieurs wilayas du pays. Une situation que les autorités semblent, en tout cas, ne pas pouvoir prendre en main, car les deux secteurs concernés par la question, à savoir le Commerce et l’Agriculture, ne sont pas arrivés à mettre au point une stratégie permettant de maintenir la stabilité des prix mais de surtout lutter contre la spéculation et l’informel qui détiennent le monopole du marché, alors que le président de la République, Abdelmadjdid Tebboune, a, à maintes reprises, appelé à lutter contre ces phénomènes.

« Des chambres froides informelles »
Alors que le consommateur continue de subir les conséquences de la non-efficacité des services de contrôler, l’informel qu’à envahi le secteur du Commerce. Les spéculateurs vont jusqu’à l’installation de chambres froides informelles pour le stockage des produits dont la pomme de terre. C’est ce qu’a révélé le coordinateur général de l’Association nationale de protection et d’orientation du consommateur (APOCE). Fadi Tamim considère que la hausse abusée des prix de la pomme de terre serait due, en effet, à la prolifération de l’utilisation de chambres froides de manière illicite pour le stockage de ce produit. « Ces derniers approvisionnent le marché de très petites quantités, ce qui a créé un déséquilibre de l’offre et de la demande », a-t-il expliqué. Rappelant que son association ne cesse, depuis des années, de revendiquer la mise en place de mécanismes pour la régulation du marché de sorte à assurer une vie confortable au citoyen. La même source estime que le seul moyen de lutter contre la hausse des prix notamment ceux de la pomme de terre est d’obliger les agriculteurs de travailler avec la facturation et ce afin de faire barrage au spéculateurs.

Mohamed Alioui : « il n’y a pas de pénurie de pomme de terre »
De son côté, le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Mohamed Alioui, a nié l’existence de pénurie de la pomme de terre et a démenti, à ce propos, les rumeurs qui circulent quant au manque de ce produit. Regrettant la flambée des prix qui touchent les fruits et légumes depuis plus d’un mois, Alioui note que la situation est intenable dans les marchés, accusant, à cet effet, les spéculateurs d’être à l’origine de cette anarchie. Selon la même source, si les autorités concernées ne règlent pas le problème avec des mesures efficaces, le prix de la pomme de terre risque d’augmenter encore plus, ce qui va enrichir davantage les spéculateurs qui trouvent le terrain fertile pour imposer leur dictat.
Afin de casser la spéculation Alioui propose d’abord d’autoriser les agriculteurs de vendre leurs produits par eux-mêmes directement aux consommateurs, ou d’assurer l’approvisionnement des marchés en l’absence de coopératives agricoles. Il a également appelé les associations de commerçants et d’artisans, ainsi que les associations de protection du consommateur, et les services des ministères de l’Agriculture et du Commerce de former une alliance pour la lutte contre l’informel et la speculation dont l’objectif est de « faire régner la discorde sur le front interne » a-t-il mis en garde.
Ania Nait Chalal